S. V. A.
La Statement Validity Analysis est une procédure systématique d'évaluation de la crédibilité de signalements de mémoire, utilisée avec des témoins enfants depuis des décennies en Allemagne [Undeutsch,
1982]. Elle consiste en une Criteria-Based Content Analysis (CBCA), dans laquelle une analyse est faite du rapport verbal en lui-même. 19 critères CBCA ont été proposés pour refléter les différences qualitatives et quantitatives entre des rapports crédibles et non crédibles (pour une description détaillée, voir Steller & Koehnken, 1989; Yuille, 1988). Par exemple, un haut degré de détail est une bonne indication de crédibilité en raison de la difficulté d'embellir un faux témoignage, avec des détails n'existant pas en mémoire (Arntzen, 1983) et de maintenir la cohérence du récit. Conformément à cette hypothèse, la recherche a indiqué que des
menteurs adultes fournissent moins d'informations que des non-menteurs [e.g.,
deTurck & Miller, 1985; Knapp, Hart, & Dennis, 1974; Kraut, 1978; Mehrabian,
1971].
Des évaluations directes de CBCA ont dégagé des résultats concluants avec des enfants [Joffe, 1992; Steller, Wellershaus, & Wolf, 1988 cited in Steller & Boychuk,
1992; Yuille, 1988] comme des adultes [Landry & Brigham, 1992; Zaparniuk,
Yuille, & Taylor, 1995]. Une des études de CBCA les mieux connues fut menée par Esplin, Houed et Raskin [1988; cited in Raskin & Esplin, 1991], qui
appliquèrent la CBCA à 40 déclarations d'abus sur enfant, avec une efficacité surprenante. 20 furent des cas d'abus confirmés (i.e., preuve confessionnelle et/ou physique) et 20 cas furent "douteux" (i.e., pas de preuve corroborante, retrait d'allégation, etc.). Globalement, la CBCA différentia fortement les groupes. L'ensemble des critères étaient plus prévalents dans les cas confirmés. Certains étaient présents dans 100% des cas confirmés (e.g., structure logique, quantité de détails) et certains critères trouvés dans la plupart des déclarations confirmées étaient complètement absents des déclarations non confirmées (e.g., associations externes liées, attributions de l'état mental du perpétrateur). Néanmoins, des imperfections méthodologiques dans cette étude (e.g., le problème de "vérité ground", l'utilisation d'un évaluateur unique) empêchent toutes conclusions fermes concernant la validité de la SVA [Wells & Loftus, 1991].
Plus récemment, Porter & Yuille (1996) ont testé l'efficacité de 18 indices verbaux proposés pour duper extraits de plusieurs techniques d'analyse de déclaration : SVA, Reality
Monitoring, Sapir's Training Program, et Diversité Lexicale (pour un examen de ces autres techniques, voir Porter & Yuille, 1996). En particulier,
les participants furent recrutés pour une étude touchant à l'efficacité de la sécurité et
commirent un vol pour tester l'efficacité d'un nouveau garde de sécurité ou s'attelèrent à une tâche
semblable mais innofensive. Les participants fournirent alors soit (1) un alibi véridique, (2) un récit partiellement trompeur, (3) un alibi totalement faux ou (4) une confession véridique à propos du vol à un interrogateur engagé dans le but d'enquêter sur les vols avec une incitation monétaire pour convaincre l'interrogateur de leur sincérité. Les résultats indiquèrent que seulement 3 des 18 indices testés différencièrent de manière significative les récits sincères des récits trompeurs.
L'ensemble des 3 indices furent dérivés de la technique de SVA (quantité de détail,
cohérence et admissions de manque de mémoire).
En conséquence, la littérature fournit un soutien limité à la technique
de SVA pour l'analyse de la crédibilité de rapports verbaux fournis par des enfants comme des adultes. Porter & Yuille (1996) firent état d'une exactitude de classification moyenne de 78,3%, tandis que des coefficients canoniques indiquaient que les 3 meilleurs critères (détails, cohérence, admissions) distinguaient les récits véridiques des récits trompteurs de manière à peu près égale. De plus, Porter & Yuille (1996, p. 449) indiquèrent que les évaluateurs formés à al technique SVA montraient généralement une bonne fiabilité inter-évaluateur.
Le récit de mémoire est évalué sur la base de 19 critères dans 5 catégories principales.
Chaque critère est considéré comme un indicateur de la sincérité d'une déclaration mais son absence ne signifie pas nécessairement qu'une déclaration est fausse. La présence de chaque critère est notée sur une échelle de 0 à 2 (0 = aucun élément pour le critère, 1 = certains éléments pour le critère, 2 = beaucoup d'éléments pour le critère). "Non applicable
(N/A)" indique que le critère est employé pour les récits de témoins enfants et n'est pas applicable pour cet événement. L'évaluateur emploie la règle du 5+2 : les 5 premiers critères plus 2 des 14 restants sont nécessaires pour considérer une déclaration crédible.
- Caractéristiques générales de la déclaration
- Cohérence : Une déclaration est considérée cohérente si les diverses parties d'un récit s'assemblent de manière logique, cohérente et consistante.
- Reproduction spontanée : Une déclaration est considérée montrer une reproduction spontanée si elle intervient de manière spontanée et non structurée.
Une structure rigide résulterait en une note basse.
- Suffisance de détail : Un haut degré de détail est considéré comme l'un des meilleurs indices de crédibilité en raison de la difficulté à embellir un faux témoignage avec des détails qui n'existeraient pas en mémoire et à maintenir la cohérence du récit [Arntzen, 1983]. Un récit est considéré comme détaillé s'il relate suffisamment le contexte (descriptions de lieux et moments) et la série d'événements au sein de l'événement.
- Contenu spécifique de la déclaration
- Inclusion contextuelle : Ce critère est présent si un récit de mémoire relate un événement ancré dans le contexte approprié. Ceci inclut les interrelations d'espace-temps dans la vie de la personne.
- Descriptions des interactions : Ce critère est présent si le témoin décrit des interactions avec d'autres gens qui auraient pu être présents durant un événement.
- Reproduction de conversation : Lié au critère n° 5, ce critère est présent si des conversations avec d'autres présents durant l'événement sont décrites.
- Complications innatendues durant l'incident : Ce critère est présent si des interruptions, complications ou difficultés non prévues interviennent durant un événement.
- Particularités du contenu
- Détails inhabituels : Ce critère est présent s'il y a des signalements spontanés de détails concernant l'événement qui sont réalistes mais inhabituels.
- Détails périphériques : Ce critère est présent si détail est fourni d'aspects pertinents mais périphériques de l'événement.
- Détails rapportés de manière exacte non compris : N/A
- Associations externes liées : Ce critère est présent si des références spontanées à des incidents externes liés à l'événement mais pas au sein de l'événement.
- Récits d'état mental subjectif : Ce critère est présent si des descriptions
des vécus émotionnels subjectifs des témoins durant l'événement sont fournis.
- Attribution de l'état mental du perpétrateur : N/A
- Contenu Motivation-Related
- Corrections spontanées : Ce critère est présent si le témoin fournit des
corrections au cours de l'interview d'informations données durant l'interview ou lors d'une occasion précédente.
- Admettre un manque de mémoire : Si un témoin admet ne pas se souvenir d'un certain aspect de l'événement au cours de la provision du récit, cela est associé à une crédibilité augmentée.
- Emettre des doutes sur le témoignage de quelqu'un : N/A
- Auto-déprecation: N/A
- Pardonner le perpétrateur : N/A
- Détails caractéristiques de l'événement : N/A
Références :
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