| Home |
|---|
Le Prodigiorum Libellus a connu diverses éditions, commentées ou non, recopiées et parfois adaptées les unes des autres. Les mêmes événements ont parfois également été relatés, parfois différemment, par Tite-Live par exemple.
La lecture de l'intégralité des récits repris par Obsequens amène à les relativiser. Si les phrases comme le ciel s'embrasa pendant la nuit ou on vit des armes voler dans le ciel peuvent par exemple paraître stupéfiantes, il convient de les replacer dans leur contexte, où elles aparaissent évoquer des épisodes de foudre (ces phrases sont par exemple respectivement suivies de beaucoup d'objets furent détruits par la foudre et et beaucoup d'objets furent renversés par la foudre). De même, les lances ardentes vues la nuit peuvent être interprétées comme les traits tracés par des étoiles filantes. Il faut enfin comparer certains événements rapportés avec d'autres auquels la plupart d'entre nous n'accorderions aucun crédit (des billets de loterie qui diminuent, etc.). Enfin, il est difficile de savoir si la description d'un disque ou d'un bouclier (toujours décrits ronds) ne représente pas simplement un corps astronomique (Lune, Soleil, météore, comète, éclipses) et leur multiplication (à 2 ou 3) des cas de parhélie.
Les traductions peuvent varier également, fax ardens étant traduit par météore igné ou torche ardente, selon les moments. Dans l'hypothèse d'un authentique météore, il n'est pas étonnant que l'on entende parfois des tonnements, indépendemment de l'état de la météo.
Restent quelques passages réellement intriguants, comme de la "chair" tombant du ciel et ne décomposant pas, des navires ou des chants dans le ciel, mais qui restent, hélas, bien difficiles à interpréter sans équivoque. Les passages souvent interprétés dans le cadre ufologique sont signalés en gras. Les notes sont de Victor Verger, auteur d'une traduction française des Prodiges.
| Date | Latin | Traduction |
|---|---|---|
| -749 | Romulo regnante. Parens conditorque Urbis Romulus, quum iam Fidenas oppidum cepisset, coloniamque Romanorum fecisset, guttæ sanguinis e cœlo magna omnium admiratione ceciderunt. Statim pestis Urbem invasit, quæ hominibus absque ulla aegrotatione mortem inferret subitam; sterilitas quoque agrorum et frumentorum omnium, praecipue tamen annonæ summa inopia sequuta est. In quæ mala posteaquam Laurentes incidissent, omnino visum est, Tatii et legatorum caede uiolato iure gentium, utrique ciuitati iram numinis expiandam esse. Quare, deditis caedis auctoribus et ab utrisque supplicio affectis, ab iis malis manifeste se receperunt. Romulus expiationibus ciuitates expurgauit, quas longo deinceps tempore ad portam Ferentinam obseruatas, memoriæ traditum est. Verum editis iam immortalibus operibus, quum ad Capream paludem concionem ad milites haberet, subita coorta tempestas cum magno fragore, tonitribusque, tam denso regem operuit nimbo, ut conspectum ejus concioni abstulerit, nec deinceps unquam in terris apparuerit. Romani autem milites a Julio Proculo edocti, ad deos regem raptum esse, diuinos statim illi honores exhibuerunt. [Lycosthenes < Verger 1] |
Sous le règne de Romulus [An de Rome 16] Après que Romulus, père et fondateur de la ville de Rome, eut pris la ville de Fidènes, et en eut fait une colonie des Romains, des gouttes de sang tombèrent du ciel, au grand étonnement de tous. Aussitôt il se répandit dans Rome une peste qui frappait de mort subite les hommes, sans qu'ils se sentissent atteints d'aucun mal. Ensuite la stérilité s'étendit sur toutes les campagnes ; les moissons périrent, et la rareté des denrées devint excessive. Les Laurentins étant aussi tombés en proie à ces maux, on fut unanimement d'avis que l'une et l'autre ville devaient se mettre en devoir d'apaiser la colère des dieux, irrités de ce qu'on avait violé le droit des gens par le meurtre de Tatius et des ambassadeurs. Les auteurs du meurtre ayant donc été, de part et d'autre, livrés et punis, ce fut évidemment à leur supplice qu'on dut la fin de ces calamités. Romulus purifia les villes voisines, au moyen de certaines cérémonies expiatoires, qui, s'il faut en croire la tradition, furent encore pratiquées longtemps après, à la porte Férentine. Un jour que ce roi, déjà couvert de gloire par une foule d'actions immortelles, haranguait ses troupes aux environs du marais de Caprée, il s'éleva tout à coup une bruyante tempête, mêlée de tonnerres, pendant laquelle il se trouva enveloppé d'un nuage si épais, que tous ceux qui étaient présents le perdirent de vue ; et de ce moment il ne reparut plus sur la terre. Or, les soldats romains, ayant appris de Julius Proculus que leur roi avait été enlevé au séjour des dieux, s'empressèrent de lui décerner les honneurs divins. |
| -735 | Numa Pompilio regnante. Annum iam octavum regnante Numa, morbus pestifer Italiam occupans, Romam quoque invasit ; mœrentibus vero cunctis, peltam æneam e cœlo in Numæ manus decidisse, memoriæ proditum est ; quæ in Urbis salutem a superis missa credebatur. Ad cujus figuram quum Numæ instinctu undecim a Veturio Mamurio insigni artifice fabricatæ essent, Salii Martis sacerdotes ad earum custodiam a rege instituti sunt. [Lycosthenes < Verger 2] |
Sous le règne de Numa Pompilius [An de Rome 19] La 8ème année du règne de Numa, une maladie pestilentielle, qui désolait l'Italie, exerça aussi ses ravages dans Rome. Pendant que chacun était plongé dans la douleur, le bruit se répandit qu'un bouclier d'airain était tombé du ciel entre les mains de Numa ; on s'imagina que les dieux avaient envoyé ce bouclier pour le salut de la ville. Numa, profitant de cette croyance, en fit fabriquer par Veturius Mamurius, ouvrier très-habile, 11 de même forme ; et ce roi institua, pour les garder, les Saliens, prêtres de Mars. |
| -643 | Tullo Hostilio regnante. In monte Albano lapidibus pluit, quod quum credi uix posset, missis ad id uisendum prodigium, in conspectu haud aliter, quam quum grandinem uenti glomeratam in terras agunt, crebri cecidere de cœlo lapides. Vox ex summi cacuminis luco audita est, quæ monebat, ut patrio ritu sacra Albani facerent. novemdiale igitur sacrum publice susceptum est, et solemne mansit, ut quandocunque idem prodigium nuntiaretur, feriæ per novem dies agerentur. Haud ita multo post graui pestilentia laboratum est. Hostilius dum Numam sacrificiis imitatur, Joui litare non potuit, sed fulmine ictus, cum regia conflagravit. [Lycosthenes < Verger 3] |
Sous le règne de Tullus Hostilius [An de Rome 111] Il plut des pierres sur le mont Albain. Cet événement
parut si extraordinaire, qu'on envoya des hommes pour
constater la réalité d'un tel prodige. Ceux-ci virent, en
effet, les pierres tomber du ciel en aussi grande quantité que la grêle agglomérée, lorsque les vents la poussent vers la terre. On entendit sortir, d'un bois sacré
situé au sommet de la montagne, une voix qui avertissait
les Albains d'offrir des sacrifices d'après les rites observés
par leurs ancêtres. On célébra donc publiquement un
sacrifice novemdial, qui, dès lors, demeura solennel, afin
que, toutes les fois qu'il surviendrait un pareil prodige, on eût soin d'observer 9 jours de féries. Peu
de temps après, une peste désastreuse exerça ses ravages. Hostilius, ayant voulu offrir des sacrifices à la
manière de Numa, ne put sacrifier à Jupiter, et fut frappé
de la foudre, qui le consuma dans son palais. |
| -626 | Anco Martio regnante. Lucumo Graeci Demarati filius, ac Aruntis frater, generosus adolescens, quum parente apud Tarquinios defuncto, diuenditis bonis omnibus Romam migraret, Ianiculoque iam appropinquaret, in carpento cum uxore sedenti, aquila e sublimi dimissa pileum sustulit; atque mox super carpentum cum magno clangore uolitans, rursus uelut ministerio diuinitus missa, capiti apte reposuit. Quo viso, Tanaquil auguriorum perita, eo prodigio regnum ei portendi intellexit. Pecunia igitur et industria dignitatem, atque etiam Anci regis familiaritatem consequutus, atque ab eodem tutor liberis relictus, dum Tarquinii Prisci nomen sibi uindicaret, post Anci mortem regnum intercepit, atque ita administrauit, quasi iure adeptus fuisset. [Lycosthenes < Verger 4] |
Sous le règne d'Ancus Martius [An de Rome 128] Lucumon, fils du Grec Démarate, et frère d'Aruns, était un jeune homme capable des plus nobles résolutions. Ne voulant pas rester à Tarquinies, où la mort venait de lui ravir son père, il avait vendu tous ses biens, et allait à Rome pour s'y fixer. Alors qu'il approchait du mont Janicule, assis dans un char avec son épouse, un aigle descendu d'en haut lui enleva son bonnet. Bientôt après, le même aigle revint voltiger avec grand bruit au-dessus du char, et, comme s'il eût été envoyé exprès par les dieux, il remit adroitement le bonnet sur la tête de Lucumon. Tanaquil, habile dans la science des augures, crut apercevoir dans cet événement un présage de royauté en faveur de son époux. En effet, Lucumon, après s'être acquis beaucoup de crédit par sa fortune et son habileté dans les affaires, parvint à s'insinuer dans les bonnes grâces du roi Ancus. Choisi par lui pour tuteur de ses enfants, il s'empara du trône à la mort de ce roi, sous le nom de Tarquin l'Ancien, et il exerça l'autorité souveraine avec aussi peu d'obstacle que s'il eût été un successeur légitime. |
| -596 | Tarquinio Prisco regnante. Finito bello Sabino, quum Tarquinius Priscus in monte Tarpeio aedem Jovis, quam in eodem bello uouerat, aedificare uellet, et iam exaugurare fana sacellaque alia iuberet, ut libera a ceteris religionibus area esset, iamque omnium sacellorum exaugurationes admitterent aues, in Termini tantum fano nequaquam addixere. Quod prodigium firma stabiliaque cuncta portendere, Romanis visum est. Sequutum est et aliud prodigium, magnitudinem imperii portendens. Nam posteaquam futuri aedificii fundamenta aperiret, caput hominis integra facie, recenti tamen tabo et sanguine aspersum, in imo repertum est. Cuius prodigii gratia aruspices interrogati, responderunt, hunc locum non imperii tantum Romani, sed totius etiam mundi caput fore. [Lycosthenes < Verger 5] |
Sous le règne de Tarquin l'Ancien [An de Rome 158] Après la guerre contre les Sabins, Tarquin l'Ancien
voulant, conformément à un voeu qu'il avait fait pendant
cette guerre, élever un temple à Jupiter sur le mont
Tarpéien, commanda que les autres temples et édifices
sacrés fussent rendus profanes, afin d'affranchir celui de
Jupiter de la concurrence des autres cultes ; mais le vol
des oiseaux, qui s'était montré favorable à ces profanations de tous les autels, s'y trouva tout à fait opposé à
l'égard d'un seul temple, celui du dieu Terme. Ce prodige
parut annoncer aux Romains que tout ce qu'ils feraient
serait ferme et stable. Il fut suivi d'un autre qui annonçait la grandeur de leur empire ; car, comme on creusait
des fondements pour la construction du temple, on
trouva, fort avant clans la terre, une tête d'homme dont
les traits étaient parfaitement conservés, et couverte d'une
sanie et d'un sang qui semblaient récemment sortis. Or,
les aruspices, après avoir été interrogés au sujet de ce
prodige, déclarèrent que ce lieu ne serait pas seulement
le siége de l'empire romain, mais qu'il le deviendrait
aussi du monde entier. |
| -553 | Seruio Tullio regnante. Bos in Sabinis, Androno Coratio Latino, miranda magnitudine ac specie nata est: cujus gratia quum aruspices interrogarentur, responsum est, eum populum summam imperii habiturum, qui prius bovem illam immolasset. Latinus igitur bovem in Auentinum egit, et causam sacerdoti Romano exposuit. Ille vero astutus, dixit prius eum uiuo flumine manus purgare debere. At Latinus dum ad Tyberis profluenta descendit, Romanus illo absente bovem immolauit, et sic imperium ciuibus, sibi vero gloriam facto consilioque uindicauit. [Lycosthenes < Verger 6] |
Sous le règne de Servius Tullius [An de Rome 201] Au territoire des Sabins, une vache d'une grandeur et
d'une grosseur monstrueuses étant née dans les étables
d'Andronus Coratius Latinus, les aruspices, interrogés,
répondirent que le peuple qui immolerait le premier cette
vache, obtiendrait la souveraine autorité. Latinus conduisit donc sa vache au mont Aventin, et expliqua au
prêtre romain la cause qui la lui faisait amener. Mais le
prêtre rusé, après avoir dit à Latinus qu'il devait d'abord
purifier ses mains par l'eau vive, saisit le moment où
celui-ci descendait vers le courant du Tibre, immole la
vache pendant son absence, assure, de cette manière,
l'empire à ses concitoyens, et se couvre de gloire par son
action et son heureux stratagème. |
| -510 | Tarquinio Superbo regnante. Tarquinius quum iam Signiam, Cerceiosque colonos misisset, praesidia Urbi terra marique futura, prodigium horribile visum est. Anguis enim ex columna lignea elapsus, non tantum terrorem fugamque in regia fecit, sed ipsius etiam regis animum subito pauore perculit, anxiisque curis uniuersos impleuit. Aquilæ enim, quæ regiæ incumbebant, nidum fecerunt, in quo pulli subito uulturum incursu discerpti sunt: quod mali imminentis prodigium esse putabant. Mox cum Rutulis bellatum, Ardea obsessa; et post nefandum Tarquinii cum Lucretia facinus, reges sunt exacti. Tarquinius autem dum Gabios, tanquam in regnum suum proficisceretur, canis et serpens etiam uerbis expressis sunt loquutae. [Lycosthenes < Verger 7] |
Sous le règne de Tarquin le Superbe [An de Rome 244] Après que Tarquin eut envoyé à Signie et à Cercéie
des colons, pour concourir à la défense de la ville, tant
par mer que par terre, il arriva un prodige effroyable.
Un serpent, sorti d'une colonne de bois, non-seulement
causa dans le palais du roi l'épouvante et la fuite, mais
frappa l'esprit du roi lui-même d'une terreur soudaine,
et jeta tout le monde dans la consternation. Le comble
du palais servait de retraite à des aigles, qui y firent leur
nid : des vautours fondirent tout à coup sur les aiglons,
et les mirent en pièces ; ce qui fut regardé encore comme
le présage d'un désastre imminent. En effet, une guerre éclata bientôt contre les Rutules, Ardée fut assiégée; et
les rois furent chassés de Rome, après l'attentat de Tarquin sur la personne de Lucrèce; enfin, pendant que
Tarquin se retirait à Gabie, comme dans son royaume,
on entendit un chien et un serpent proférer des paroles. |
| -509 | L. Junio Bruto, L. Tarquinio Collatino, coss. Silentio noctis, ex sylua Arsia, ingens vox audita est, quæ Syluani credia est fuisse. proclamavit autem, in acie Romanorum contra Veientes, uno plus Hetruscorum cecidisse, et uicisse bello Romanum. [Lycosthenes < Verger 8] |
Sous les consuls L. Junius Brutus et L. Tarquin Collatin [An de Rome 245] Dans le silence de la nuit, on entendit sortir de la forêt Arsie une voix forte, que l'on crut être celle d'un sylvain. Cette voix criait que, dans le combat des Romains contre les Véiens, une moitié de plus avait péri du côté des Étrusques, et que la victoire était demeurée aux Romains. |
| -503 | P. Posthumio Tuberto II, Agrippa Menenio Lanato, coss. Hastæ militares ad multam noctem in cœlo ardentes visæ. Sequuta est tertia Sabinorum in Romanorum agros irruptio, qua Posthumius consul magnam accepit ex sua indiligentia cladem ; quam ejus collega nisi mox vindicasset, male de republica Romana actum esset. Duæ Romanorum coloniæ, Pometia et Cora, ad Aruncos defecerunt, et contra Aruncos bellatum. [Lycosthenes < Verger 9] |
Sous les consuls P. Posthumius Tubertus II, et Agrippa Menenius Lanatus [An de Rome 251] Au plus épais de la nuit, on vit dans le ciel des lances ardentes. Immédiatement après, les Sabins firent sur le territoire de Rome une 3ème irruption, pendant laquelle le consul Posthumius éprouva une grande défaite par sa négligence : si cette défaite n'avait pas été bientôt vengée par son collègue, c'en était fait de la république romaine. 2 colonies des Romains, Pométie et Core, passèrent du côté des Arunces, ce qui donna lieu à une guerre contre ceux-ci. |
| -499 | T. Ebutio, C. Vetusio, coss. Aulus Posthumius dictator, quum contra Latinos, qui in Romanos coniurauerant, ad lacum Regillum pugnaret, ac victoria iam nutaret, duo iuuenes candidis equis insigni uirtute apparuerunt, pro Romanorum salute fortissime dimicantes; quos dictator post victoriam quaesitos, ut dignis muneribus honoraret, non invenit, Castorem et Pollucem ratus. [Lycosthenes < Verger 10] |
Sous les consuls T. Ebutius et C. Vetusius [An de Rome 255] Pendant que le dictateur Aulus Posthumius combattait près du lac Régine, les Latins conjurés contre les Romains, lorsque déjà la victoire était chancelante, 2 jeunes gens pleins de vigueur, montés sur des chevaux blancs, parurent tout à coup, combattant avec intrépidité pour le salut des Romains. Le dictateur, après la victoire, les fit chercher ; il voulait honorer leur courage par des récompenses qui en fussent dignes. Comme on ne les trouva point, il crut que ces 2 guerriers étaient Castor et Pollux. |
| -483 | M. Fabio Vibulano, L. Valerio Potito, coss. Quotidie coelestia prodigia in Urbe et agris visa sunt, minas ostentantia. Mox Oppia, virgo uestalis, quam tamen alii Popiniam, alii Popiliam vocant, incesti damnata, poenas dedit. Anno sequenti, non segnior discordia domi et bellum foris atrocius fuit: ab Aequis arma sumpta, et Veientes in agros Romanorum incursiones fecerunt. [Lycosthenes < Verger 11] |
Sous les consuls M. Fabius Vibulanus et L. Valerius Potitus [An de Rome 271] Tous les jours, à la ville et à la campagne, on aperçut dans le ciel des prodiges menaçants. Peu de temps après, la vestale Oppia, appelée Popinia par les uns, et par d'autres Popilia, fut punie de mort, pour avoir manqué à son voeu de chasteté. L'année suivante, pendant qu'art dehors la guerre se poursuivait avec acharnement, une violente discorde éclata dans l'intérieur ; les Èques prirent les armes, et les Véiens firent des incursions sur le territoire des Romains. |
| -480 | M. Fabio II, Ca. Manlio Cincinnato, coss. In bello contra Veientes, Manlii praetorium de cœlo tactum, laceratum fulmine tentorium, euersus foculus, arma foedata, ambusta, ac in totum contrita; occisus eximius equus, quo in proeliis uti consueuerat. Interrogati igitur interpretes prodigiorum, responderunt, significare castrorum oppugnationem, et clarissimorum virorum interitum. Cum Hetruscis cruento proelio pugnatum. Q- Fabius, Marci frater, bis consul, et tunc legatus, lancea per pectus ictus interiit. Manlius consul in clade occubuit, et uallum Romanorum captum est. [Lycosthenes < Verger 12] |
Sous les consuls M. Fabius II et Cn. Manlius Cincinnatus [An de Rome 274] Dans la guerre contre les Véiens, la foudre tomba sur la tente de Manlius ; la toile en fut déchirée, et le foyer démoli : il eut ses armes souillées, brûlées et brisées entièrement. Le même coup tua le superbe cheval qu'il avait coutume de monter les jours de bataille. Les interprètes des prodiges, interrogés à ce sujet, répondirent que cet événement annonçait l'attaque du camp et la mort de très-illustres personnages. Il se livra contre les Étrusques un combat sanglant : Q. Fabius, frère de Marcus, 2 fois consul et alors lieutenant, fut tué d'un coup de lance dans la poitrine ; le consul Manlius périt dans la défaite, et les retranchements des Romains furent emportés. |
| -466 | Q. Seruilio Prisco II, Sp. Posthumio Lauinio Regillensi, coss. Cœlum ardere visum, et annus tam hominibus, quam pecori longe fuit pestilentissimus. Æqui Antiatum suscipientes exsules, contra fœdera cum Romanis facta, excursiones in Lationrum agros fecerunt. Contra quos anno sequenti missus Q. Fabius Vibulanus, qui prius pacem cum iis fecerat, strenue pugnavit. Verum quum se ad Volscos attraxissent, et fides Antiatum laboraret, cum ingenti exercitu iterum in Romanorum agros populandi gratia ingressi, a Posthumio victi atque fugati sunt. [Lycosthenes < Verger 13] |
Sous les consuls Q. Servilius Priscus II et Sp. Posthumius Lavinius Regillensis [An de Rome 288] Le ciel parut embrasé, et l'année fut extrêmement funeste à la santé des hommes et des bestiaux. Les Èques, en recevant les exilés des Antiates, violèrent leur traité avec les Romains, et firent des excursions sur le territoire des Latins. Q. Fabius Vibulanus, qui avait fait avec eux un 1er traité de paix, fut envoyé contre eux l'année suivante, et les combattit vigoureusement ; mais, réunis aux Volsques, et forts des mauvaises dispositions des Antiates, ils entrèrent de nouveau, avec une grande armée, sur le territoire des Romains, pour y commettre des ravages. Posthumius les vainquit et les mit en fuite. |
| -464 | A. Posthumio ALbino Regillensi, Sp. Furio Medullino Fusco, coss. Cœlum iterum ardere visum plurimo igni, portentaque alia aut obseruata oculis, aut vanas exterritis ostentavere species. Quibus avertendis terroribus, in triduum feriæ indictæ : per quas omnia delubra, pacem Deum exposcentium virorum, mulierumque turba implebantur. Bellum gestum est cum Æquis, contra quos Furius primum parum feliciter, Posthumius vero prospere pugnavit. Antiates milites, propter serum auxilium, cum ignominia sunt dimissi. Anno vero sequenti, pestis crudelissima Romæ grassata est. [Lycosthenes < Verger 14] |
Sous les consuls A. Posthumius Albinus Regillensis et Sp. Furius Medullinus Fuscus [An de Rome 290] Le ciel parut de nouveau embrasé d'un grand nombre de feux, et l'on vit d'autres prodiges réels, sans parler des vains fantômes que crurent apercevoir des esprits épouvantés. Pour détourner de pareilles terreurs, on ordonna 3 jours de féries, pendant lesquels tous les temples furent remplis d'hommes et de femmes venant en foule demander la paix aux dieux. On eut, contre les Èques, une guerre que Furius conduisit d'abord assez malheureusement, mais que Posthumius termina avec avantage. Les troupes antiates, pour être venues trop tard au secours, furent ignominieusement congédiées. L'année suivante, la peste exerça dans Rome les plus cruels ravages. |
| -462 | T. Lucretio Tricipitino, T. Veturio Gemino, coss. Iterum cœlum ardere visum, et bos loquuta. Aequi omissis Latinis, Hernicisque, properato itinere Romam properarunt, ut ob iuuentutis absentiam urbem caperent, qui tamen a Lucretio mox circumventi, ac magna strage fugati sunt. Volscorum agri a Veturio uastati sunt, quorum etm nomen fere eo anno deletum est. [Lycosthenes < Verger 15] |
Sous les consuls T. Lucretius Tricipitinus et T. Veturius Gensinus [An de Rome 292] On vit encore le ciel embrasé comme auparavant, et une vache proféra des paroles. Les Èques, sans attendre les Latins et les Herniques, marchèrent à grandes journées vers Rome, dans l'espoir de s'en emparer pendant que la jeunesse en était absente ; mais bientôt ils furent cernés par Lucretius, qui en fit un grand carnage, et les mit en déroute. Veturius ravagea le territoire des Volsques, dont, cette année, le nom même fut presque anéanti. |
| -461 | P. Volumnio Amentino, Seruio Sulpitio Camerino, coss. Terra ingenti motu concussa, bos loquuta, et cœlum iterum ardere visum, cui rei priore anno fides non fuerat data. Variæ spectrorum facies, horrendæque voces oculis et auribus hominum obseruatæ sunt. Carne pluit, quæ nivis instar e cœlo, frustis majoribus et minoribus demissa, ab omni genere avium intervolantium direpta, priusquam terram attingeret ; reliquum vero quod intercidit, in Urbe agrisque sparsum jacuit multo tempore, nec colore mutato, nec odore, contra morem veterascentium carnium. Id vates indigenæ interpretari non potuerunt. Libri autem Sibyllini monuerunt, cavendum ab externo hoste, et civium seditionibus. Hoc autem anno lex Ternetilla maximo conatu, de decemviris creandis tentata est, maximæque subortæ inter patricios et plebeios dissensiones. Proximo autem anno exsules Romani ac serui numero MMMM, duce Appio Herdonio Sabino, Capitolium occuparunt, unde non absque magna civium strage sunt expulsi. [Lycosthenes < Verger 16] |
Sous les consuls P.Volumnius Arnentiuus et Servius Suipitius Camerinus [An de Rome 293] La terre fut agitée par de violentes secousses, une vache parla, et, ce que, l'année précédente, on n'avait pas voulu croire, le ciel parut de nouveau tout en feu. Des spectres de formes diverses et des voix épouvantables frappèrent à la fois les oreilles et les yeux ; il plut de la chair, qui, tombant du ciel en manière de neige, et en fragments plus ou moins gros, était dévorée par toutes sortes d'oiseaux volant parmi, avant de tomber jusqu'à terre : le peu qui atteignit le sol, soit dans les champs, soit dans la ville, y demeura longtemps épars, sans altération de couleur et sans odeur, contrairement à ce qui arrive d'ordinaire à de vieilles chairs. Les devins du pays ne purent donner l'explication de ce prodige ; mais les livres Sibyllins avertirent qu'on eût à se garder des ennemis du dehors et des séditions du dedans. Or, cette année, on tenta les plus grands efforts pour faire passer la loi Terentilla, concernant la création des décemvirs ; et il en résulta de très-grandes dissensions entre les patriciens et les plébéiens. L'année d'après, les Romains bannis et les esclaves, au nombre de 4000, sous la conduite d'Appius Herdonius Sabinus, se rendirent maîtres du Capitole, d'où l'on ne parvint à les chasser qu'après avoir perdu un grand nombre de citoyens. |
| -458 | L. Minutio Carbeto, C. Nautio Rutilio, coss. Lupi in Capitolio visi, qui a canibus fugati sunt. Cuius prodigii causa totum Capitolium est lustratum. Aequi, quibus superiore anno pax data erat, fracto foedere, duce Graccho Choelio Latinum agrum ac Tusculanum poplati, in Algido castra locarunt: contra quos L- Minutius profectus, infeliciter in castris obsessus, ac demum a Quintio Cincinnato liberatus est. Aequi victi, ac sub iugum missi sunt. [Lycosthenes < Verger 17] |
Sous les consuls L. Minuties Carbetus et C. Nautius Rutilius [An de Rome 296] On vit dans le Capitole des loups, qui furent mis en fuite par les chiens. Ce prodige fut cause que l'on procéda à la purification de tout le Capitole. Les Èques, à qui, l'année précédente, on avait accordé la paix, rompant le pacte contracté, dévastèrent, sous le commandement de Gracchus Chélius, le territoire du Latium et de Tusculum, et vinrent établir leur camp au mont Algide. L. Minutius, qui avait marché contre eux, eut le malheur de rester assiégé dans son camp, jusqu'au moment où Quintius Cincinnatus vint enfin le délivrer. Les Èques furent alors vaincus et réduits à passer sous le joug. |
| -398 | L. Val. Potito, M. Furio Camillo, etc., tribb. il. cons. pot. Lacus in Albano nemore sine ullis coelestibus aquis, causaue alia, quæ rem miraculo eximeret, in altitudinem insolitam creuit. Quum autem ab oraculo sciscitaretur, quid ea res portenderet? responsum est, ut aquam ejus lacus emissam per agros diffunderent sic enim Veios, quos acri ac diutino bello uexabant, in potestatem populi Romani uenturos. Quod ubi factum est, hostium urbe potiti sunt. Tarquinienses noui hostes exorti, Romanorum agros, quos multis simul bellis, Volscorum ad Anxur, Aequorum ad Lauicos, et ad hoc Veienti quoque, Falisco, Capenatique bello occupatos uidebant, depopulabantur: contra quos tamen Aulus Posthumiius, et L. Iulius uoluntariorum manu profecti, turpitur fugarunt. [Lycosthenes < Verger 18] |
Sous L. Val. Potitus, M. Valerius, M. Furius Camillus et autres, tribuns militaires revêtus du pouvoir consulaire [An de Rome 356] Un lac situé dans la forêt d'Albe éleva ses eaux à une
hauteur extraordinaire, sans qu'il y eut eu de pluies, ni
d'autre cause qui pût empêcher de considérer cet effet
comme surnaturel. L'oracle, interrogé sur ce qu'un pareil événement pouvait présager, répondit qu'on eût à
répandre dans les champs les eaux de ce lac, parce qu'alors
les Véiens, auxquels on faisait une guerre opiniâtre et
continuelle, seraient forcés de se soumettre au pouvoir
du peuple romain. Immédiatement après que cela eut été exécuté, la capitale des ennemis fut prise par les
Romains. Cependant de nouveaux ennemis, les Tarquiniens, voyant les Romains occupés à Anxur contre les
Volsques, à Lavice contre les Èques, et, de plus, obligés
de résister aux Véiens, aux Falisques et aux Capénates,
se mirent à ravager leur territoire. Mais Aulus Posthumius et L. Julius, s'étant avancés contre eux à la tête
d'une troupe de volontaires, leur firent prendre honteusement la fuite. |
| -396 | P. Licinio, L. Ticinio, P. Menenio, Cn. Genutio, tribb. mil. Veiis iam post longam obsidionem expugnatis, quum Romani milites in urbis direptione, deorum etiam statuas Romam transferre conarentur, ac quidam, seu spiritu diuino tactus, seu iuuenili ioco ad statuam Junonis diceret, Visne Romam, ire Iuno? posteaquam capite annuisset, se libenter ituram, magna omnium admiratione respondit. Unde rrn in Auentinum aeternam sedem suam ducta est, quo uota dictatoris uocauerant, templumque ei a Camillo dedicatum est. [Lycosthenes < Verger 19] |
Sous P. Licinius, L. Ticinius, P. Menenius, Cn. Genutius, trio. milit. [An de Rome 358] Les Véiens ayant été forcés de se rendre à la suite
d'un long siége, les soldats romains, pendant le pillage de
la ville, se mirent en devoir de transporter à Rome jusqu'aux statues des dieux. Or, comme un d'entre eux, soit
par l'effet d'une inspiration divine, soit par un mouvement
de gaîté juvénile, disait à la statue de Junon : Veux-tu
aller à Rome, Junon ? l'image de la déesse, après avoir
fait de la tête un signe d'affirmation, répondit, au grand étonnement de tous, qu'elle irait volontiers. On la transporta donc à Rome, sur le mont Aventin, lieu où le
dictateur avait manifesté le désir qu'elle fût placée, pour
y demeurer à perpétuité, et Camille lui éleva un temple. |
| -362 | Q. Seruilio Hala, L. Genutio II, coss. Romæ in medio foro, siue motu terrae, siue qua vi alia, terra specu uastissimo collapsa est, quam terræ uoraginem nemo neque terræ coniectu, neque ulla quauis alia materia explere potuit. Inficiebantur autem ex editis inde uaporibus pestilentissimis multorum hominum corpora: quæ quum remedia omnia respuerent, rebus iam desperatis, deorum monitu, Marci Curtii strenui demum equitis animoso facinore liberati sunt. Posteaquam enim se pro salute patriæ in specum armatus praecipitasset, pestis statim post multorum funera sedata est. [Lycosthenes < Verger 20] |
Sous les consuls Q. Servilius Hala et L. Genutius II [An de Rome 392] A Rome, au milieu de la place publique, soit par l'effet
d'un tremblement de terre, soit par toute autre cause,
le sol s'affaissa et se convertit en un immense abîme, que
chacun tenta, mais vainement, de combler avec de la
terre et toutes sortes d'autres matières. Or il en sortait des
vapeurs extrêmement pestilentielles, qui attaquaient une
infinité de personnes. Comme tous les remèdes devenaient
impuissants, et qu'il ne restait plus d'espoir contre un
pareil mal, le brave chevalier Marcus Curtius, dans un
mouvement d'inspiration divine, sauva, par un trait de
courage, le peuple réduit au désespoir. Car après qu'il
se fut précipité tout armé dans l'abîme, pour le salut de
la patrie, la peste, qui avait déjà moissonné un grand
nombre de victimes, cessa aussitôt. |
| -349 | L. Furio Camillo, Appio Claudio Crasso, coss. In eo bello, quod Romani, due Camillo, contra Gallos gesserunt, Valerio tribuno militum adversus Gallum prouocatorem pugnanti, coruus galeæ insedit: qui non tu sedem seml captam tenuit, sed quotiescunque certamen initum est, leuans sese alis, os oculosque hostis rostro et unguibus appetiit, donec territum prodigio Gallorum, ac oculis simul et mente turbatis, Valerius obtruncasset. [Lycosthenes < Verger 21] |
Sous les consuls L. Furius Camillus et Appius Claudius Crassus [An de Rome 405] Dans la guerre que les Romains firent contre les Gaulois, sous le commandement de Camille, un corbeau s'abattit sur le casque de Valerius, tribun des soldats, pendant qu'il combattait contre un Gaulois qui l'avait provoqué. L'oiseau ne se borna pas à demeurer au poste qu'il s'était assigné ; mais, toutes les fois que le combat recommença, se soutenant dans l'air ait moyen de ses ailes, il assaillit de son bec et de ses ongles le visage et les yeux de l'ennemi, jusqu'à ce que Valerius fût parvenu à trancher la tête du Gaulois, qu'un pareil prodige avait rempli d'effroi, et dont la vue et l'esprit étaient troublés. |
| -338 | C. Martio III, T. Manlio Torquato II, coss. Quum Junoni Monetæ in eo Urbis loco, ubi Manlii domus fuit, ædes dedicaretur, prodigium extemplo dedicationem sequutum, simile uetusto montis Albani prodigio. Lapidibus enim pluit, et nox interdum visa est intendi. Feriæ proinde sunt indictae, nec tantum a Romanis tribubus supplicatum, sed a finitimis etiam populis. Iudicia eo anno populi in foeneratores facta, quibus est ab aedilibus dicta dies. Proximo vero anno bellum cum Samnitibus ortum est, gente tum opibus et armis ualidissima: quod bellum mox aliud cum Pyrrho rege et cum Poenis grauissimum peperit. [Lycosthenes < Verger 22] |
Sous les consuls C. Martius III et T. Manlius Torquatus II [An de Rome 416] Alors que l'on consacrait un temple à Junon Moneta, à l'endroit de la ville où avait été la maison de Manlius, il survint tout à coup, après la dédicace, un prodige semblable à celui qui était arrivé, longtemps auparavant, sur le mont Albain. Il tomba une pluie de pierres, et il fit nuit au milieu du jour. Des féries furent indiquées à cette occasion, et des prières publiques furent faites, non-seulement par les tribus romaines, mais encore par les populations voisines. Des jugements du peuple furent rendus cette année contre les usuriers, auxquels les édiles assignèrent un jour pour comparaître. L'année suivante, on eut la guerre avec les Samnites, nation alors très-puissante par ses richesses et par ses armes. Cette guerre en suscita bientôt une autre des plus dangereuses contre le roi Pyrrhus et les Carthaginois. |
| -297 | Q. Fabio Maximo Rutiliano V, P. Decio Mure IV, coss. Terra de cœlo pluit, et in exercitu Appii Claudii plerique fulminibus icti sunt. Infestis eo anno armis cum Samnitibus pugnatum est. Pestis mirum in modum per totam Italiam, et in urbe potissimum, grassata est. galli a Fabio victi ac in fugam uersi sunt. Fuluius in Hetruria feliciter contra Thuscos pugnavit. [Lycosthenes < Verger 23] |
Sous les consuls Q. Fabius Maximus Rutilianus V et P. Decius Mus IV [An de Rome 457] Il tomba du ciel une pluie de terre, et, dans l'armée d'Appius Claudius, beaucoup de soldats furent frappés de la foudre. Cette année, on eut contre les Samnites une guerre malheureuse. La peste fit des ravages extraordinaires dans toute l'Italie, et principalement à Rome. Les Gaulois furent vaincus et mis en fuite par Fabius. Fulvius combattit avec succès dans l'Étrurie contre les Thusciens. |
| -275 | M. Curio Dentato II, L. Cornelio Lentulo, coss. Inter alia prodigia, fulmine est etiam dejectum Jovis in Capitolio signum, cujus caput per aruspices inventum est. Pyrrhus contra Romanos bellum suscepit, qui a Curio victus, et Tarentum fugatus est. Mox Tarentini iterum nova adversus Romanos arma mouerunt, Carthaginiensium auxilia per legatos poscentes: quos tamen iterum uicerunt Romani. [Lycosthenes < Verger 24] |
Sous les consuls M. Curius Dentatus II et L. Cornelius Lentulus [An de Rome 479] Entre autres prodiges, la statue de Jupiter, placée dans le Capitole, fut renversée par la foudre ; sa tête fut retrouvée par les aruspices. Pyrrhus entreprit la guerre contre les Romains, fut vaincu par Curius, et repoussé jusqu'à Tarente. Bientôt après, les Tarentins, ayant envoyé des ambassadeurs aux Carthaginois, pour leur demander du secours, recommencèrent la guerre contre les Romains, qui les vainquirent de nouveau. |
| -269 | Q. Fabio Maximo Pictore, L. Quintio Gulone, coss. Obscena prodigia, et dira Romæ visa sunt. Aedes enim Salutis ictu fulminis dissoluta, ars muri sub eodem loco de cœlo tacta. Lupi tres ante lucem ingreei Urbem, semesum cadauer intulerunt: sparsumque membratim in foro, ipsi strepitu hominum exterriti, reliquerunt. Apud Formias multis ictibus fulminum moenia undique ambusta et dissoluta sunt. Apud agrum Calenum repente flamma, scisso hiatu terræ eructa, tribus diebus et tribus noctibus exaestuants, quinque agri iugera, exhausto penitus succo ubertatis, in cinerem extorruit, ita ut non fruges solum, sed etiam arbores cum imis stipitibus absumpserit. Hoc anno Picentes, noui hostes facti, Romana in se arma exciuere. [Lycosthenes < Verger 25] |
Sous les consuls Q. Fabius Maximus Pictor et L. Quintius Gulo [An de Rome 485] On vit à Rome des prodiges effrayants et de sinistre augure. Le temple de la déesse Salus fut démoli par la foudre, qui frappa dans le même endroit une partie du mur. 3 loups entrèrent avant le jour dans la ville, portant un cadavre à moitié dévoré, dont ils dispersèrent, au milieu de la place publique, les membres qu'ils abandonnèrent, effrayés par le bruit du peuple. A Formies, la foudre frappa de coups nombreux les murs qu'elle brûla et fit crouler de toutes parts. Dans le territoire de Calès, la terre s'étant entr'ouverte, il en sortit tout à coup une flamme qui dura 3 jours et 3 nuits, dessécha entièrement et convertit en cendres 5 arpens de terrain, de telle sorte que les fruits y furent consumés, et même les arbres jusqu'à leurs plus profondes racines. Cette année, Rome trouva de nouveaux ennemis dans les Picentins, contre lesquels elle se vit obligée de prendre les armes. |
| -268 | P. Sempronio Sopho, Appio Claudio Rufo, coss. Sempronius consul quum adversus Picentes exercitum duxisset, et iam directe intra iactum teli utraq acies consisteret, repente cum horrendo fragore terra ita contremuit, ut stupore miraculi utrumque pauefactum agmen hebesceret. Verum mox in certamen progressi, bellum adeo atrox fuit, ut merito dicatur, humanum tantorum hominum sanguinem suscepturam, etiam cum gemitu horrisono tunc terram tremuisse: in quo tamen proelio Romani, quorum pauci euaserant, uicerunt. [Lycosthenes < Verger 26] |
Sous les consuls P. Sempronius Sophus et Appius Claudius Rufus [An de Rome 486] Le consul Sempronius s'étant mis en marche avec ses
légions pour attaquer les Picentins, au moment où les
2 armées étaient déjà en présence, à la portée du trait,
il survint tout à coup un tremblement de terre si violent
et accompagné d'un si horrible fracas, que les soldats des
2 armées demeurèrent stupéfaits d'un tel prodige.
Toutefois on en vint bientôt aux mains, et le carnage fut
tellement affreux, qu'on a dit, non sans raison, que la
terre, sur le point d'être arrosée du sang d'un si grand
nombre d'hommes, trembla, en faisant entendre un horrible bruit de gémissements. Les Romains pourtant sortirent vainqueurs de ce combat, mais après y avoir perdu
la plus grande partie de leur monde. |
| -265 | M. Valerio Maximo, Q. Mamilio Vitulo, coss. Inter multa alia prodigia, sanguis e terra, et lac de cœlo manare visum est: nam et pluribus locis scaturiens e ftb cruor fluxit, et de nubibus guttatim in speciem pluuiæ lacte demisso, diri terram imbres irrigauerunt. Eo tempore Carthaginienes, dato aduersum Romanos auxilio Tarentinis, quum a senatu per legatos arguerentur, turpissimam rupti foederis labem praesumptam, accumulauere periurio. Sequutum est quoque libertinorum Volsciensium adversus dominos conspirantium, nefandum scleus, qui tamen mox duce Fabio Gurgite poenas dederunt. Pestilentia etiam crudelissima hoc anno Urbem invasit. [Lycosthenes < Verger 27] |
Sous les consuls M. Valerius Maximus et Q. Mamilius Vitulus [An de Rome 489] Entre autres prodiges nombreux, on vit du sang sortir de terre et du lait tomber du ciel : en plusieurs endroits, du sang coula des fontaines, et des pluies de lait mouillèrent la terre d'une rosée qui annonçait la colère des dieux. Dans le même temps, les Carthaginois, auxquels le sénat avait adressé des reproches, par l'organe de ses ambassadeurs, pour avoir fourni du secours aux Tarentins contre les Romains, ajoutèrent le parjure à leur ignominieuse violation de la foi des traités. Eclata ensuite la conspiration des affranchis volsques contre leurs maîtres, crime horrible dont Fabius Gurgès leur fit bientôt subir le châtiment. Cette année encore, la ville de Rome fut désolée par une épidémie des plus affreuses. |
| -261 | L. Valerio Flacco, L. Octacilio Crasso, coss. Romæ columna ante Jovis aedem, vi turbinis est decussa, cum aureo signo. Quo viso, ex aruspicum responso omnes magistratus se primo quoque die autoritate abdicarunt. Eo anno exercitus Romanorum ingens in Siciliam missus, multos ad defectionem compulit. Vastata est interea et Italiæ ora ab altera Carthaginiensium classe, quum interim Africa ab omni hostili iniuria immunis esset. [Lycosthenes < Verger 28] |
Sous les consuls L. Valerius Flaccus et L. Octacilius Crassus [An de Rome 493] A Rome, devant le temple de Jupiter, un violent tourbillon de vent renversa une colonne, avec une statue d'or. Après cet événement, tous les magistrats, sur la réponse des aruspices, se démirent incontinent de leur autorité. Cette année, une grande armée romaine fut envoyée en Sicile, où sa présence détermina une partie considérable de la population à se soumettre volontairement. Cependant les Carthaginois, qui n'avaient alors à craindre, en Afrique, aucune espèce d'hostilités, envoyèrent une seconde flotte dévaster les côtes de l'Italie. |
| -257 | M. Attilio Regulo Serrano II, Cn. Corneio Bleso, coss. Serpens in Africa portentosæ magnitudinis apparuit, quem Attilius Regulus cum maxima militum clade difficulter catapultis et balistis, veluti molem quamdam expugnauit : qui quum aliquoties iam adversus Carthaginienses pugnasset, eo anno ab hostibus captus est. Huius autem serpentis exuviæ centum viginti pedum longitudine fuisse feruntur, et ejus maxillæ usque ad Numantinum bellum in publico pependisse dicuntur. [Lycosthenes < Verger 29] |
Sous les consuls M. Attilius Regulus Serranus II et Cn. Cornelius Blesus [An de Rome 497] En Afrique, apparut un serpent d'une grandeur monstrueuse, qu'Attilius Regulus attaqua comme une forteresse, avec des catapultes et des balistes, et qu'il ne vainquit qu'avec peine, en perdant un grand nombre de soldats. Attilius, après plusieurs combats livrés aux Carthaginois, fut pris par eux cette année même. La dépouille de ce serpent avait, dit-on, 120 pieds de longueur, et l'on assure que ses mâchoires restèrent suspendues en un lieu public jusqu'à l'époque de la guerre de Numance. |
| -223 | C. Quintio Flaminio, P. Furio Philone, coss. In Piceno flumen sanguine affluxit; apud Thuscos colum ardere visum ; Arimini nocte multa lux clara effulsit, tres lunæ distantibus cœli regionibus exortae ; magno terræ motu Caria et Rhodus insula adeo concussæ sunt, ut labentibus uulgo tectis, ingens quoque Colossus coruerit. Eodem anno Flaminius adversus Gallos conflixit, et vicit ; anno vero proximo Claudius Marcellus iterum profligavit, capto Viridomaro rege ; et inter multa Insubrium, quos ad deditionem coegerat oppida, Mediolanum quoque urbem florentissimam cepit. [Lycosthenes < Verger 30] |
Sous les consuls C. Quintius Flaminius et P. Furius Philon [An de Rome 531] Dans le Picenum, les eaux d'un fleuve se changèrent en sang ; chez les Thusciens, le ciel parut embrasé ; à Ariminum, il fit grand jour au milieu de la nuit, 3 lunes avant paru à 3 endroits du ciel, distants les uns des autres ; un violent tremblement de terre occasionna une telle secousse en Carie et dans l'île de Rhodes, que la plupart des maisons s'écroulèrent, et que l'énorme colosse fut renversé. La même année, Flaminius combattit contre les Gaulois, et fut vainqueur; l'année suivante, Claudius Marcellus les défit de nouveau, prit leur roi Viridomare, et s'empara de la très-florissante ville de Mediolanum, après avoir déjà soumis un grand nombre d'autres places de l'Insubrie. |
| -217 | Cn. Seruilio Gemino. C. Quintio Flaminio II, coss. Romae, in foro Olitorio, infans semestris triumphum exclamauit; in foro Boario bos in tertiam contignationem sua sponte ascendit, atque inde habitatorum tumultu territus, sese deiicit. Navium species in cœlo visa ; Spei templum in foro Olitorio fulmine ictum ; Lanuvii hasta se commouit; coruus in aedem Junonis deuolauit, atque in ipso puluinario consedit ; in agro Amiternino multis locis hominum specis procul candida veste visæ ; in Piceno lapidibus pluit; in Sardinia, in muro circumeunti uigilias equiti, scipio, quem manu tenebat, et in Sicilia aliquot militibus spicula arserunt, litora crebris fulserunt ignibus ; milites fulminibus citi ; solis circulus minui visus est ; Praeneste ardentes lampades de cœlo ceciderunt ; Arpis parma in cœlo ; luna cum sole certare, et interdum etiam duæ lunæ visæ; Caerete aquæ sanguine mixtæ fluerunt; fons Herculis sparsis hinc inde maculis cruentis manavit; Antii metentibus cruentæ in corbem spicæ ceciderunt. Faleriis coelum findi visum; sortes sua sponte attenuatae ; Mauors telum suum quassauit ; signum Martis in Appia via ad simulacra luporum sudavit; Capuæ coelum ardere visum, navium species in cœlo visæ ; Spei templum de cœlo tactum, terra horrendo motu concussa est, capræ lanatæ quibusdam factae, galina in marem, gallus vero in gallinam uersus. Eodem anno Hannibal Hetruriam invasit, Romani ad Thrasimenum lacum cruente proelio victi sunt. [Lycosthenes < Verger 31] |
Sous les consuls Cn. Servilius Geminus et C. Quintius Flaminius II An de Rome 537 A Rome, dans le marché aux légumes, un enfant de 6 mois cria à haute voix : Triomphe ! Au marché aux boeufs, un boeuf monta de lui-même à un 3ème étage, d'où il se précipita, effrayé par le bruit des personnes qui y étaient logées. On aperçut au ciel des espèces de navires. Au marché aux légumes, le temple de l'Espérance fut frappé par la foudre. A Lanuvium, une lance s'agita d'elle-même ; un corbeau vola dans le temple de Junon, et alla se placer sur le pulvinaire même. En divers endroits du territoire d'Amiterne, on aperçut au loin des spectres vêtus de blanc. Dans le Picenum, il plut des pierres. En Sardaigne, alors qu'un chevalier faisait sa ronde pour inspecter les postes qui gardaient les remparts, le bâton qu'il tenait à la main s'enflamma ; et, en Sicile, les javelots de plusieurs soldats brûlèrent pareillement : les rivages brillèrent d'une multitude de feux ; des soldats furent frappés de la foudre ; le disque du soleil parut diminué. A Préneste, des lampes ardentes tombèrent du ciel. A Arpi, apparut au ciel un bouclier rond. On vit la lune combattre avec le Soleil, et l'on remarqua même 2 lunes en plein jour. A Cérète, coulèrent des eaux mêlées de sang, la fontaine d'Hercule offrit aux yeux des taches de sang éparses çà et là parmi ses eaux. A Antium, des épis ensanglantés tombèrent dans une des corbeilles des moissonneurs. A Falérie, on vit le ciel se fendre en 2 parties. Des billets servant à tirer au sort diminuèrent d'eux-mêmes. Mars agita sa lance ; sur la voie Appienne, la statue de ce dieu se couvrit de sueur à l'aspect de simulacres de loups. A Capoue, on vit le ciel embrasé ; on aperçut au ciel des figures de navires. Le temple de l'Espérance fut frappé de la foudre ; il y eut un horrible tremblement de terre ; chez quelques-uns, des chèvres devinrent couvertes de laine ; une poule se trouva changée en coq, et un coq changé en poule. La même année, Annibal envahit l'Etrurie, et les Romains furent vaincus dans un combat sanglant, sur les bords du lac Thrasimène. |
| -216 | C. Terentio Varrone, L. Aemilio Paulo II, coss. In Aventino Romæ, et Ariciæ, simul lapidibus pluit, et multo cruore ex frigidissimo fonte calidæ aquæ manarunt ; in via Fornicata, quæ ad templum erat, homines aliquot de cœlo tacti, atque exanimati. Sequuta est momorabilis illa clades ad Cannas, Apuliæ vicum, in qua Paulus Æmilius occisus est, et quadraginta millia peditum, cum duobus millibus equitum et septingentis, et plus quam tria Romanorum millia capta, et Hannibal Campaniam occupavit. [Lycosthenes < Verger 32] |
Sous les consuls C. Terentins Varron et L. Émilius Paulus II An de Rome 538 A Rome, sur le mont Aventin, et à Aricie, il plut en même temps des pierres et beaucoup de sang ; il coula de l'eau chaude d'une fontaine très-froide. Dans la rue Voûtée, qui était auprès du temple, plusieurs hommes furent atteints de la foudre et frappés de mort. Ensuite arriva cette mémorable défaite près de Cannes, village d'Apulie, dans laquelle Paul Emile périt avec 40 000 fantassins et 2700 cavaliers, où furent faits prisonniers plus de 3000 Romains, et qui mit Annibal en possession de la Campanie. |
| -215 | L. Posthumio Albino III, P. Sempronio Graccho, coss. Mare arsit, ad Sinuessam Bessus equuleum peperit; signa Lanuvii Junonis Sospitæ cruore manauere, lapidibus circa id templum pluit; ob quem imbrem, novemdiale sacrum fuit, ceteraque prodigia cum cura expiata. Eo anno in Galliis Posthumius cum omni exercitu deletus est. Bellum Macedonicum inchoatum; res in Hispania feliciter a Romanis gestae. In Italia Campani caesi ad Cumas; Poeni in Lucania fusi ac fugati, caedes Poenorum quoque ad Nolam facta est; Sardi a Manlio caesi. Lycosthenes < Verger 33 |
Sous les consuls L. Posthumius Albinos III et P. Semhronius Gracchus An de Rome 539 La mer jeta des flammes ; près de Sinuesse, une vache mit bas un poulain. A Lanuvium, les statues de Junon Sospita suèrent du sang, et il plut des pierres aux environs de son temple : cette pluie donna lieu à un sacrifice novemdial, et l'on ne négligea aucune expiation à l'égard des autres prodiges. Cette année, Posthumius fut défait dans les Gaules avec son armée. La guerre de Macédoine commença; les Romains obtinrent des succès en Espagne. Les Campaniens furent taillés en pièces, en Italie, près de Cumes. Les Carthaginois, battus et mis en fuite dans la Lucanie, éprouvèrent aussi une défaite près de Nole. Manlius extermina les Sardes. |
| -214 | Q. Fabio Maximo Verrucoso IV, M. Claudio Marcelo III, coss. Lanuvii in æde Junonis Sospitae, corvi nidum fecerunt; in Apulia palma viridis arsti; Mantuæ stagnum effusum Mincio amni, cruentum visum; Calibus creta, et Romæ in foro Boario sanguine pluit; in uico Istrico fons sub terra, tanta vi aquarum fluxit, ut serias doliaque, quæ in eo loco erant, prouoluta, uelut impetus torrentis tulerit. Tacta de cœlo, atrium publicum in Capitolio, templum in campo Vulcani, nux in Sabinis, publicaque via, murus ac porta Gabiis; hasta Martis in Praeneste sua sponte mota; bos in Sicilia loquutus; infans in utero matris, in Marrucinis, Io triumphe clamauit ; ex muliere Spoleti uir factus; Hadriæ ara in cœlo, speciesque hominum ca eam candida veste visæ ; quin et Romæ quoque in ipsa urbe secundum apum examen in foro visum; legiones armatæ in Ianiculo visæ etiam, quæ tamen mox, quum ad arma concursum est, euanuerunt. Eodem anno Hannibal, magna militum copia, ad Nolam profectus est; a cujus expugnatione a Marcello prohibitus, magnam suorum stragem uidit, et ex Campania fugatus est; Cassilinum oppidum captum; Fabius Samnium depopulatus est, et multa oppida vi cepit; Syracusæ obsessae; contra Philippum bel susceptum, qui ad Apolloniam castris exutus est; res in Hispania prospere a Scipionibus gestae, et Saguntum recuperatum. [Lycosthenes < Verger 34] |
Sous les consuls Q. Fabius Maximus Verrucosus IV et M. Claudius Marcellus An de Rome 540 A Lanuvium, des corbeaux firent leur nid dans le temple de Junon Sospita. Dans l'Apulie, un rameau vert s'enflamma de lui-même. A Mantoue, un étang, qui avait débordé dans le fleuve Mincio, parut rempli de sang. A Calès, il plut de la craie, et du sang à Rome, dans le marché aux boeufs. Dans un village de l'Istrie, une fontaine coula sous terre avec une telle force, que, semblable à un impétueux torrent, elle emportait les vaisseaux et les tonneaux qui se trouvaient en ce lieu. L'entrée publique du Capitole fut frappée de la foudre, de même qu'un temple dans le champ de Vulcain, un noyer et une route chez les Sabins, un mur et une porte à Gabies. A Préneste, la lance de Mars s'agita d'elle-même ; en Sicile, un boeuf parla. Chez les Marruciniens, un enfant dans le sein de sa mère cria : Triomphe ! A Spolète, une femme se trouva changée en homme. A Hadrie, on vit au ciel un autel autour duquel étaient des spectres vêtus de blanc. Bien plus, dans la ville de Rome même, on vit, pour la seconde fois, dans le Forum, un essaim d'abeilles. On aperçut aussi, sur le Janicule, des légions armées, qui toutefois disparurent bientôt, quand on se mit en devoir de les attaquer. La même année, Annibal, à la tête d'une puissante armée, s'avança vers Nole ; mais Marcellus l'empêcha d'en faire le siége, tailla en pièces une partie de ses troupes, et le chassa de la Campanie. On prit la ville de Cassilinum ; Fabius ravagea le Samnium et s'empara de plusieurs villes. Syracuse fut assiégée; on entreprit la guerre contre Philippe, qui laissa surprendre et enlever son camp près d'Apollonie. Les Scipion remportèrent de grands avantages en Espagne, et l'on recouvra Sagonte. |
| -213 | Q. Fabio Maximo, T. Sempronio Graccho II, coss. Murus ac portæ tactae; Ariciæ Jovis edes de cœlo icto fulmine; navium longarum species in flumine Tarracinae, quæ tamen nullæ erant, visæ; in Jovis Vicillinio templo, quod in Cossano agro est, arma concrepuerunt, et flumen Amiterni cruentum fluxit. Syphax, Numidarum rex, contra Masinissam regem pro Karthaginiensibus pugnans, victus est; in Brutiis ex duodecim populis, qui anno priore ad Poenos desciuerant, Consentini et Thurini, in fidem populi Romani redierunt; Sempronius consul, in Lucanis aliquot oppida expugnauit; is quum in Lucanis sacrficasset, angues duo, ex occulto prolapsi, repente hostiae, quam immolauerat, adeso jocinore, in easdem latebras se retulerunt: ob id deinde factum instaurato sacrificio, idem prodigii euenit; tertia quoque caesa victima, diligentiusque asseruatis extis, neque allapsus serpentum arceri, neque fuga impediri potuit: quod quamuis aruspices ad salutem imperatoris pertinere dixissent, Gracchus tamen uitare non potuit, quin Flauii Lucani hospitis sui insidiis seductus, intermis a Poenorum militibus occideretur. [Lycosthenes < Verger 35] |
Sous les consuls Q. Fabius Maximus et Sempronius Gracchus II [An de Rome 541] Une muraille et des portes furent frappées de la foudre ; à Aricie, le temple de Jupiter en fut également atteint. On vit sur l'eau, près de Terracine, des espèces de grands navires, qui cependant n'existaient pas. Dans le temple de Jupiter Vicillin, qui est au territoire de Cosse, des armes firent entendre un son éclatant ; et à Amiterne le fleuve coula mêlé de sang. Syphax, roi des Numides, fut vaincu en combattant pour les Carthaginois contre le roi Masinissa. Chez les Bruttiens, de 12 peuples qui, l'année précédente, s'étaient rangés du côté des Carthaginois, les Consentiniens et les Thuriniens rentrèrent sous l'obéissance du peuple romain. Le consul Sempronius prit d'assaut quelques villes chez les Lucaniens. Comme il venait d'offrir chez eux un sacrifice, 2 serpents, sortis d'un endroit caché, dévorèrent subitement le foie de la victime qu'il avait immolée, et retournèrent dans leur même repaire. Cet événement ayant donné lieu à renouveler le sacrifice, le même prodige arriva. Une troisième victime ayant encore été immolée, on eut beau redoubler de vigilance pour en garder les entrailles, il fut impossible d'empêcher les serpents d'approcher et de s'enfuir ensuite. Bien que les aruspices eussent déclaré que cela promettait sûreté au général, Gracchus ne put cependant pas éviter les artifices du Lucanien Flavius, son hôte, et de tomber désarmé entre les mains des soldats carthaginois, qui le massacrèrent. |
| -212 | Appio Claudio Pulchro, Q. Fuluio Flacco III, coss. Tempestates foedæ exortae; in Albano monte biduum continenter lapidibus pluit; tacta de caelo municipia, duæ in Capitolio ædes, uallum in castris, multisque locis supra Suessulam, et duo uigiles exanimati; murus turresque, et quaedam alia, Cumis fulminibus icta, et penitus decussa; Reate saxum ingens uolitare visum : sol rubere solito magis, sanguineoque colore similis apparuit. Hannibal proditioen Tarentum cepit, excepta race; Samniorum agri a Romanis depopulati sunt; Romani bis cruentas clades acceperunt ab Hannibale; Capua a Romanis obsessa, et capta; Publius et Cneus Scipiones in Hispania ab hostibus circumventi, et occisi sunt. L. Martius, eques Romanus, quum in Hispania militaret, orationemque ad milites haberet, felicis euentus flamma concionanti a capite, sine ipsius sensu, cum magno circumstantium pauore, fusa est; cujus aspectu milites pristinam hostium millibus caesis, magnoque numero in potestatem redacto, bina castra, Punicis opibus referta, ceperunt; Hispania aliquandiu quieta reddita; Marcellus, captis Syracusis, magna cum gloria Romam reversus est. [Lycosthenes < Verger 36] |
Sous les consuls Appius Claudius Pulcher et Q. Fulvius Flaccus III [An de Rome 542] D'affreuses tempêtes s'élevèrent; il plut des pierres sur
le mont Albain pendant 2 jours consécutifs. Divers
endroits furent frappés de la foudre, 2 maisons an
Capitole, le retranchement d'un camp, plusieurs lieux
au-dessus de Suessule, et 2 sentinelles en furent tuées.
A Cumes aussi, une muraille, des tours et autres constructions furent foudroyées et renversées entièrement.
A Réate, on vit une grosse pierre voler ; le soleil devint
plus rouge que de coutume, et sa couleur ressembla à du sang. Annibal prit par trahison Tarente, excepté la
citadelle. Les terres des Samnites furent ravagées par les
Romains, auxquels Annibal fit éprouver 2 sanglantes
défaites. Ceux-ci assiégèrent et prirent Capoue. Publius
et Cnéus Scipion reçurent la mort en Espagne, où l'ennemi les avait cernés. Pendant que L. Martius, chevalier
romain, servait en Espagne, comme il adressait une
harangue à ses soldats, une flamme d'heureux présage
sortit de sa tête sans qu'il en sentît rien, et remplit de
frayeur ceux qui l'environnaient; les soldats, avertis par
là de reprendre courage, taillèrent en pièces 37 000 ennemis, firent un grand nombre de prisonniers et
s'emparèrent de 2 camps remplis d'effets précieux appartenant aux Carthaginois. Ce succès rendit quelque
temps le repos à l'Espagne. Marcellus, après avoir pris
Syracuse, revint à Rome couvert de gloire. |
| -210 | M. Valerio Leuino II, M. Claudio Marcello IV, coss. In æde Concordiæ Victoria quæ in culmine erat, fulmine icta, decussaque ad Victorias, quæ in æde fixæ erant, haesit, neq inde procidit; Anagniæ et Fregellis murus portaeque urbis de cœlo tactæ ; in foro Sudernato sanguinis rivi per totum diem fluxere ; Ereti lapidibus pluit; Reate mula peperit; eodem anno incendium perniciosum Romae, Campanorum malitia ortum. Marcellus in Campania Salapiam recuperavit ; Romana classis ad Sacriportum infeliciter pugnavit ; Scipio in Hispania Nouam Karthaginem expugnavit ; Marcellus Hannibalis exercitum fudit, et magna pars Siciliæ capta est. Tusculi agnus cum ubere lactanti natus ; Jovis ædis culmen fulmine ictum, ac prope omni tecto nudatum; iisdem ferme diebus Anagniæ terra ante portam icta, diem noctemque sine ullo ignis alimento arsit ; aues ad compitum Anagninum in luco Dianæ nidos in arboribus reliquerunt ; Tarracinæ in mari, haud procul portu, angues miræ magnitudinis, lasciuientium piscium more exsultarunt. Tarquiniis porcus cum ore humano genitus ; in agro Capenate, ad lucum Feroniae, quatuor signa sanguine multo diem ac noctem sudarunt. Mox Valerius Messala agrum Uticensem depopulatus est; et lex, post longas contentiones, de reficiendis consulibus lata est. [Lycosthenes < Verger 37] |
Sous les consuls M.Valerius Levinus II et M. Claudius Marcellus IV [An de Rome 544] La statue de la Victoire, placée au haut du temple de la Concorde, ayant été frappée de la foudre, tomba sur d'autres statues de la Victoire fixées dans le temple, puis s'arrêta sans descendre plus bas. A Anagnie et à Frégelles, la foudre frappa aussi le mur et les portes de la ville. Sur la place de Suderne, des ruisseaux de sang coulèrent pendant tout un jour. A Érète, il plut des pierres. A Réate, une mule mit bas. Cette même année, un funeste incendie éclata dans Rome, par la malveillance des soldats originaires de la Campanie. Marcellus recouvra dans ce pays Salapie. La flotte romaine éprouva un échec près de Sacriport. En Espagne, Scipion prit d'assaut Carthage la Neuve. Marcellus défit l'armée d'Annibal, et une grande partie de la Sicile fut conquise. A Tusculum, naquit un agneau avec des mamelles pleines de lait. La foudre brisa le faîte du temple de Jupiter, et enleva le toit presque tout entier. A quelques jours de là, devant une porte d'Anagnie, elle frappa la terre, qui brûla, un jour et une nuit, d'un feu que rien n'alimentait. Dans un bois consacré à Diane, au carrefour dit Anagnien, des oiseaux abandonnèrent leurs nids sur les arbres. A Terracine, on vit dans la mer, à peu de distance du port, des serpents d'une énorme grandeur sauter en jouant comme des poissons. A Tarquinie, un porc naquit avec une face humaine. Au territoire de Capène, dans un bois consacré à Féronie, 4 statues suèrent du sang en abondance pendant un jour et une nuit. Bientôt après, Valerius Messaia ravagea le territoire d'Utique ; et la loi portant le rétablissement des consuls fut promulguée à la suite de longs débats. |
| -209 | Q. Fabio Maximo Verrucoso V, Q. Fulvio Flacco IV, coss. In Albano monte tacta de cœlo sunt, signum Jovis, arborque templo propinqua; Hostiæ lacus, Capuæ murus, Fortunæ ædes, et Sinuessæ murus cum porta; Albana aqua cruore fluxit. Romæ intra cellam aedis Fortis Fortunæ de capite signum, quod in corno erat, in manus sponte sua prolapsum; Priuerno bos loquutus, uultur frequenti foro in tabernam devolavit; Sinuessæ natus infans ambiguo inter marem ac feminam sexu; lacte pluit; puer cum elephanti capite natus. Marcellus cum Hannibale congressus, primo infeliciter, dehinc secunda pugna dimicavit, hostemque in fugam vertit; Fabius Tarentum recuperauit; Scipio in Hispania res prospere gessit. [Lycosthenes < Verger 38] |
Sous les consuls Q. Fabius Maximus Verrucosus V et Q. Fulvius Flaceus IV [An de Rome 545] La foudre tomba, au mont Albain, sur la statue de Jupiter et sur un arbre voisin du temple ; à Ostie, dans le lac ; à Capoue, sur les murs et le temple de la Fortune ; à Sinuesse, sur la porte et sur les murs. A Albe, il coula de l'eau mêlée de sang. A Rome, dans le sanctuaire du temple de la Fortune virile, une statuette, qui ornait la couronne de la déesse, tomba d'elle-même dans ses mains. A Priverne, un boeuf parla, et un vautour s'abattit en plein marché dans une boutique. A Sinuesse, il naquit un enfant d'un sexe douteux ; un autre vint au monde avec une tête d'éléphant, et il plut du lait. Marcellus s'étant mesuré avec Annibal, fut d'abord battu mais il rétablit le combat, et força l'ennemi à prendre la fuite. Fabius recouvra Tarente ; Scipion obtint des succès en Espagne. |
| -208 | M. Claudio Marcello V, T. Quintio Crispino, coss. Capuæ duæ ædes, Fortunæ scilicet et Martis, sepulcraque aliquot de caelo tacta; mures in æde Jovis aurum roserunt ; Cassini examen apum ingens in foro consedit; Hostiæ murus, portaque de cœlo icta; Caere uultur in aedem Jovis uolauit; Vulsiniis sanguine lacus manavit. Pestilentia grauis incidit Urbem, agrosque; quæ tamen magis in longos morbos quam in perniciales euasit Marcellus quum studio niteretur, ut Poenorum exercitum aut in Italia pelleret, in solemni sacrificio, quo uoluntates deorum explorare cupiebat, in prima hostia, quæ ante foculum decidit, jecur sine capite inventum est: proxima jocinoris duplex caput habuit: quibus inspectis, aruspex non placere sibi exta respondit, quoniam prima trunca, secunda nimis laeta apparuissent. Ita monitus Marcellus, ne quid temere niteretur, insequenti nocte speculandi gratia cum paucis ingressus, ab hostibus in Brutiis circumuentus, dum improuide contra Hannibalem pugnaret, lancea transfixus occubuit; Crispinus graviter uulneratus, etiam interiit: id quod nunquam antea acciderat, ut duo consules, sine memorando proelio interfecti, uelut orbam rempublicam reliquerint. [Lycosthenes < Verger 39] |
Sous les consuls M. Claudius Marcellus et T. Quintius Crispinus [An de Rome 546] A Capoue, la foudre frappa 2 temples, celui de la Fortune et celui de Mars, ainsi que plusieurs tombeaux. Des rats rongèrent de l'or dans le temple de Jupiter. A Cassine, un gros essaim d'abeilles vint s'abattre au milieu de la place. A Ostie, la foudre frappa une muraille et une porte. A Géré, un vautour vola dans le temple de Jupiter. A Vulsinies, il coula du sang d'un lac. Une terrible contagion se manifesta dans Rome et dans les campagnes voisines ; toutefois, elle y causa plus de maladies opiniâtres que de cas mortels. Marcellus, qui faisait alors tous ses efforts pour anéantir l'armée des Carthaginois, ou tout au moins pour la chasser de l'Italie, ayant offert un sacrifice solennel, dans l'intention de connaître la volonté des dieux, il se trouva que le foie de la 1ère victime immolée n'avait pas de lobe, et que celui de la 2nde en présentait 2. L'aruspice, examen fait des entrailles, répondit qu'il n'en était pas content, celles de la 1ère victime étant incomplètes, et celles de la 2nde d'un augure par trop favorable. Ainsi, averti de ne rien entreprendre témérairement, Marcellus sortit la nuit suivante pour faire une reconnaissance, n'ayant avec lui qu'une faible escorte : enveloppé par les ennemis chez les Bruttiens, il mourut percé d'un coup de lance, en combattant imprudemment contre Annibal. Crispinus, blessé grièvement, perdit également la vie ainsi, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'alors, la république resta veuve de ses 2 consuls, tués sans combat mémorable. |
| -207 | C. Claudio Nerone, M. Liuio Salinatore II, coss. Veiis de cœlo lapidavit; Minturnis sanguinis rivus in porta fluxit; Jovis templum et lucus Maricae, item Atellæ murus, et porta de cœlo tacta; Capuæ lupus nocte, portam ingressus vigilem laniavit; in Armilustro lapidibus pluit; Frusinone infans natus quadrimo par; in Aventino Junonis Reginæ ædes de cœlo tacta. Apud Metaurum fluuium Hasdrubal cum omni exercitu a Romanis deletus est, in qua clade quinquaginta sex hostium millia a Romanis caesa sunt, capta quinque millia et quadringenti; civium Romanorum, qui capti erant apud hostes, quatuor millia recepta. [Lycosthenes < Verger 40] |
Sous les consuls C. Claudius Néron et M. Livius Salinator II [An de Rome 547] A Véies, des pierres tombèrent du ciel ; à Minturnes, un ruisseau de sang coula par une porte. La foudre tomba sur le temple de Jupiter et dans le bois de Marica ; elle tomba aussi à Atelle, sur une muraille et sur une porte. A Capoue, un loup, étant entré la nuit par une porte, déchira une sentinelle. Il plut des pierres dans l'Armilustre. A Frusinone, naquit un enfant qui paraissait avoir 4 ans. Au mont Aventin, le temple de Junon la Reine fut frappé de la foudre. Les Romains défirent Asdrubal, avec toute son armée, sur les bords du fleuve Métaure. Dans cette affaire, ils tuèrent à l'ennemi cinquante-6 mille hommes, lui en prirent 5 mille 4 cents, et recouvrèrent 4 mille des leurs qu'il retenait prisonniers. |
| -206 | L. Veturio Philone, Q. Caecilio Metello, coss. Tarracinæ Jovis, et Satrici matris Matutæ templum de cœlo tactum; in æde Jovis ex foribus duo angues prolapsi; spicæ cruentæ a metentibus visæ; Caere porcus biceps, et agnus mas, idemque femina natus; Albæ duo soles visi; Fregellis nocturno tempore lux oborta; bos in agro Romano loquutus; in circo Flaminio ara Neptuni multo sudore manavit; ædes Cereris, Salutis et Quirini, de cœlo tactae. Lucani, in ditionem populi Romani, sine certamine redierunt; Brutiorum urbes sese Romanis dediderunt; Masinissa rex a Romanis in amicitiam recpetus est; Astapa urbis a Romanis oppugnata; Scipio rebellantes Hispanos in deditionem coëgit. [Lycosthenes < Verger 41] |
Sous les consuls L. Veturius Philon et L. Cecilius Metellus [An de Rome 548] A Terracine, la foudre frappa le temple de Jupiter, et à Satricum celui de la mère Matuta. Des portes du temple de Jupiter sortirent 2 serpents. Des moissonneurs virent des épis ensanglantés. A Céré, naquit un porc à 2 têtes, et un agneau mâle et femelle. A Albe, on vit 2 soleils. A Frégelles, il fit jour pendant la nuit. Dans la campagne de Rome, un boeuf parla ; dans le cirque Flaminien, l'autel de Neptune se couvrit d'une sueur abondante. Les temples de Cérès, de Salus et de Quirinus firent frappés de la foudre. Les Lucaniens rentrèrent sous l'obéissance du peuple romain, sans y être contraints par les armes. Les villes des Bruttiens se rendirent aux Romains, qui reçurent aussi dans leur alliance le roi Masinissa, et assiégèrent la ville d'Astape. Scipion détruisit les Espagnols révoltés. |
| -205 | P. Cornelio Scipione, P. Licinio Crasso, coss. Crebro de cœlo lapidatum est: lectis igitur Sibyllinis, inventum est, tunc demum hostem alienigenam, qui terræ Italiæ bellum intulisset, pelli Italia posse, si Idaea mater ex Pessinunte Romam adueheretur. Eodem anno cum Hannibale in Brutiis frustra bellatum est, pestilentia utrumque exercitum molestante; in Hispania noui motus exorti; in Italia Locri a Romanis recipiuntur. [Lycosthenes < Verger 42] |
Sous les consuls P. Cornelius Scipiou et P. Licinius Crassus [An de Rome 549] Des pluies de pierres tombèrent fréquemment du ciel : les livres Sibyllins ayant été consultés à ce sujet, l'on y trouva que l'ennemi du dehors, qui avait apporté la guerre en Italie, pourrait en être enfin chassé, si l'on transportait la mère Idéenne de Pessinunte à Rome. Cette même année, on combattit contre Annibal, chez les Bruttiens, sans résultats, à cause de la peste qui ravageait l'une et l'autre armée. De nouveaux troubles s'élevèrent en Espagne. En Italie, les Locriens furent admis dans l'alliance des Romains. |
| -204 | M. Cornelio Cethego, P. Sempronio Tuditano, coss. Duo soles visi, et nocte interluxit ; fax Setiæ ab ortu solis in occidentem porrigi visa ; Tarracinæ porta, Anagniæ vero porta et murus multis locis de cœlo tactus ; in æde Junonis Sospitæ Lanuvii, cum horrendo fragore strepitus editus. Scipio ex Sicilia in Africam traiecit, et euastatis agris Hannonem iuniorem occidit ; Sempronius adversus Hannibalem, primo infeliciter, deinde vero prospere pugnavit, caesis quatuor Poenorum millibus. [Lycosthenes < Verger 43] |
Sous les consuls M. Cornelius Cethegus et P. Sempronius Tuditanus [An de Rome 550] On vit 2 soleils, et il fit jour pendant la nuit. A Sétie, on remarqua un météore igné, se dirigeant de l'orient à l'occident. A Terracine, une porte ; à Anagnie, une porte et une muraille furent en plusieurs endroits frappées de la foudre. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, on entendit un bruit accompagné d'un fracas horrible. Scipion passa de la Sicile en Afrique, où, après avoir ravagé le plat pays, il tua le jeune Hannon. Sempronius combattit contre Annibal, d'abord malheureusement, mais ensuite avec un succès qui coûta la vieà 4 mille Carthaginois. |
| -203 | Gn. Seruilio Cepione, Gn. Seruilio Gemino, coss. Aurum in Capitolio corvi non rostris tantum lacerunt, sed comederunt etiam; mures Antii coronam auream arroserunt; circa Capuam locustarum vis ingens omnem agrum compleuit ; equuleus Reate quinque pedibus natus ; Anagniæ sparsi primum ignes in cœlo, deinde fax ardens in cœlo visa ; Frusinone arcus solem tenui linea amplexus est ; Arpini terra campestri agro in ingentem sinum consedit; consulum alteri primam hostiam immolanti, caput iocinori deuit. In Africa per Scipionem iuxta Uticam Poenorum castra sunt combusta; Romani multas in Brutiis ad se deficientes ciuitates receperunt, Hannibalemque in agro Crotoniensi ceciderunt; Magonem, Hannibalis fratrem, cruento proelio uicerunt; Syphacis regis foedifragi castra; incendio ac flammis expugnarunt, ipsumque regem ceperunt; Cirta, regia urbs, a Masinissa rege capta est. [Lycosthenes < Verger 44] |
Sous les consuls Gu. Servilius Cépion et Gu. Servilius Geniiuus [An de Rome 551] Dans le Capitole, des corbeaux brisèrent de l'or avec leur bec, et même ils en mangèrent. A Antium, des rats rongèrent une couronne d'or. Aux alentours de Capoue, une multitude innombrable de sauterelles couvrit toute la campagne. A Réate, un poulain naquit avec 5 pieds. A Anagnie, on vit d'abord, dans le ciel, des feux épars, puis une flamme ardente. A Frusinone, on remarqua le soleil entouré d'un cercle délié. Près d'Arpinum, la terre, s'affaissant au milieu d'un champ, ouvrit un gouffre profond. Comme l'un des 2 consuls immolait la première victime, le foie se trouva dépourvu de lobe. En Afrique Scipion incendia, près d'Utique, le camp des Carthaginois. Plusieurs villes des Bruttiens se rendirent volontairement aux Romains, qui reçurent leur soumission, défirent Annibal dans le territoire de Crotone , et vainquirent aussi Magon, son frère, dans un sanglant combat. Le roi Syphax ayant violé la foi des traités, ils livrèrent son camp à la fureur des flammes, et le prirent lui-même. Cirte, sa capitale, fut prise par le roi Masinissa. |
| -202 | M. Seruilio Gemino, T. Claudio Nerone, coss. Cumis solis minui visus, lapidibus pluit ; in Veliterno agro terra ingentibus cauernis consedit, arboresque in profundum haustae; Ariciæ forum, et circa tabernae, Frusinone item murus aliquot locis, et porta urbis de cœlo tacta ; in Palatio lapidibus pluit; magna Tyberis facta inundatio. Claudius eo anno consul, perniciosa tempestate ingruente naufragium passus est; insignis fuit hic quoque annus incendio ingenti, annonæ uilitate, et morte Q- Fabii Maximi, qui XXII annos augur fuit: Hannibal magno exercitu Africam ingressus; Vermina, Syphacis regis filius, clade a Romanis profligatus est. [Lycosthenes < Verger 45] |
Sous les consuls M. Servilius Genjinus et T. Claudius Néron [An de Rome 552] A Cumes, le disque du soleil parut diminué, et il plut des pierres. Dans le territoire de Vélitre, la terre, en s'affaissant, forma des profondeurs considérables, où des arbres furent engloutis. A Aricie, le feu du ciel tomba sur la place et sur les boutiques environnantes ; à Frusinone, plusieurs endroits de la muraille et une porte de la ville en furent pareillement atteints. Il plut des pierres sur le mont Palatin ; il y eut une grande inondation du Tibre. Claudius, cette année consul, essuya une affreuse tempête et fit naufrage. Cette même année fut remarquable par un grand incendie, par le bas prix des vivres, et par la mort de Q. Fabius Maximus, qui avait été 22 ans augure. Annibal entra en Afrique avec une grande armée. Vermina, fils du roi Syphax, fut défait par les Romains. |
| -200 | Seru. Sulpicio Galba, C. Aurelio Cotta, coss. In Lucanis coelum ardere visum ; Priverni sereno per diem sol sanguineus fuit ; Lanuvii in templo Junonis Ssospitae, nocte strepitus ingens exortus ; animalium obsceni foetus pluribus locis nuntiati; in Sabinis incertus infans natus, masculus an femina esset ; alter sexdecim annorum iam, item ambiguo sexu inventus; Frusinone agnus cum suillo capite ; Sinuessæ porcus cum cpn humano; in Lucanis, in agro publico equuleus cum quinque pedibus: foeda omnia, et deformia, errantisque in alienos foetus naturæ visa : ante omnia tamen abominati semimares, iussique in mare extemplo deportari. Bellum Macedonicum cum Philippo exortum ; Galli, Insubres, Cenomani et Boii, duce Hamilcare Poeno, irruptiones in agros proximos fecerunt, et oppida flammis ac incendio diripuerunt. [Lycosthenes < Verger 46] |
Sous les consuls Serv. Sulpitius Galba et C. Aurelius Cotta [An de Rome 554] En Lucanie, le ciel parut embrasé. A Priverne, dans un beau jour et par un temps serein, le soleil devint couleur de sang. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, un grand bruit se fit entendre pendant la nuit. On annonça, en plusieurs endroits, que des animaux avaient mis bas des petits d'une forme hideuse. Chez les Sabins, il vint au monde un enfant d'un sexe douteux ; un autre était déjà parvenu à l'âge de 16 ans sans qu'on pût discerner à quel sexe il appartenait. A Frusinone naquit un agneau avec une tête de porc ; à Sinuesse, un porc avec une tête humaine ; en Lucanie, dans un champ public, un poulain ayant 5 pieds ; enfin, on vit toutes sortes de monstres difformes, étranges productions de la nature égarée. Il y eut surtout des demi-mâles qui inspiraient tant d'horreur, qu'on ordonna de les jeter sur-le-champ à la mer. Alors s'alluma la guerre macédonique contre Philippe. Les Gaulois, Insubres, Cénomanes et Boïens, sous la conduite du Carthaginois Amilcar, firent des irruptions dans les pays voisins, et détruisirent les villes par la flamme et l'incendie. |
| -199 | L. Cornelio Lentulo, P. Villio Tappulo, coss. Suessæ duæ portae, quodque inter eas muri erat, de cœlo tactum; Formiani Jovis, apud Ostienses Jovis, Veliterni vero Apollinis et Sangi templa fulmine tacta ; in Herculis æde capillus enatus, in Brutiis equuleus cum quinque pedibus, pulli gallinacei cum ternis pedibus nati ; in Macedonia laurea in puppi navis longæ enata. Orta est hoc anno in Macedonia atrox militum Romanorum seditio; C- Bebius Pamphilus apud Gallos et Insubres infeliciter pugnavit; Karthaginienses argentum in stipendium impositum, primum Romam aduexerunt. [Lycosthenes < Verger 47] |
Sous les consuls L. Cornelius Lentulus et P. Villius Tappulus [An de Rome 555] A Suesse, la foudre frappa 2 portes et la partie de muraille qui les séparait; à Formies et à Ostie, le temple de Jupiter ; à Vélitre, celui d'Apollon et celui du dieu Sangus en furent pareillement frappés. Il vint un cheveu à une statue, dans le temple d'Hercule. Chez les Bruttiens, naquirent un poulain avec 5 pieds, et des poulets avec 3 pattes. En Macédoine, une couronne de lauriers parut d'elle-même sur la poupe d'une galère. Cette année, il s'éleva en Macédoine une cruelle sédition parmi les soldats romains. C. Bebius Pamphilus combattit avec désavantage contre les Gaulois et les Insubres. Les Carthaginois apportèrent, pour la 1ère fois, à Rome, l'argent du tribut qui leur avait été imposé. |
| -198 | Sex. Aelio Paeto, T. Quintio Flaminio, coss. De cœlo tacta sunt via publica Veiis, forum et ædes Jovis Lanuvii, Herculis Ardeae, Capuæ murus, turres, et ædes, quæ Alba dicitur; coelum Aretii ardere visum; terra Velitris trium jugerum spatio cauerna ingenti desedit; Suessæ agnus cum duobus capitibus natus; Sinuessæ porcus cum humano capite ; solis orbis diminui visus : quorum prodigiorum causa supplicatio unum diem habita, et consules rebus diuinis operam dederunt. Eo autem anno Flaminius feliciter, in faucibus Epiri contra Philippum Macedoniæ regem pugnavit; Thessalia, quæ est uicina Macedoniae, sociis Aetolis et Athamanibus, a Romanis uexata est; L- Quiintius Flaminius, consulis frater, nauali proelio Euboeam ac maritimam oram omnem cepit; Achaei a Romanis in amicitiam recepti sunt; et conjuratio servorum de soluendis Karthaginiensibus obsidibus, detecta atque oppressa est. [Lycosthenes < Verger 48] |
Sous les consuls Sex. Élius Pétus et T. Quintius Flaminius [An de Rome 556] La foudre tomba sur une route près de Véies ; à Lanuvium, sur la place publique et le temple de Jupiter; à Ardée, sur celui d'Hercule ; à Capoue, sur les murs, les tours et le temple appelé Albe ; à Arétie, le ciel parut embrasé. Près de Velitre, un espace de terre de 3 arpents s'affaissa, et forma une profonde caverne. A Suesse naquit un agneau à 2 têtes, et dans Sinuesse un porc ayant une tête d'homme. Le disque du soleil parut diminué. On fit, à l'occasion de ces divers prodiges, des prières publiques pendant un jour, et les consuls donnèrent leurs soins aux choses divines. Cette année, Flaminius combattit avec succès, dans les défilés de l'Épire, contre Philippe, roi de Macédoine. La Thessalie, voisine de la Macédoine, fut maltraitée par les Romains, quoiqu'elle eût pour alliés les Étoliens et les Athamanes. L. Quintius Flaminius, frère du consul, s'empara, par suite d'un combat naval, de l'île d'Eubée et de toute la côte maritime. Les Achéens furent admis dans l'amitié des Romains, et l'on découvrit et étouffa la conjuration des esclaves, tendant à mettre en liberté les otages carthaginois. |
| -197 | Cn. Cornelio Cethego, Q. Minutio Rufo, coss. Aedes Vulcani Summanique Romae, et Fregellis murus ac porta de cœlo icta ; Frusinone inter noctem lux orta; Asculi agnus biceps cum quinque pedibus natus ; Formiis duo lupi oppidum ingressi, obuios aliquot laniauerunt ; Romæ non in urbem modo, sed in Capitolium penetauit lupus. In Galliis pospere est pugnatum; Insubres, qui in armis contra Romanos erant, a Cornelio sunt debellati ; Minutius, Genuam exercitu abducto, ab Liguribus orsus bellum, oppida Clastidium, Litubium, item Celelates, Cerdiceatesque in deditionem accepit, atque omnia cis Padum, praeter Gallorum Boios, Iluates Ligurum, Romano imperio adiecit. [Lycosthenes < Verger 49] |
Sous les consuls Cn. Cornelius Cethegus et Q. Minutius Rufus [An de Rome 557] A Rome, la foudre frappa le temple de Vulcain et celui de Pluton, et à Fregelles, un mur et une porte. A Frusinone, il fit jour pendant la nuit. Asculum vit naître un agneau ayant 2 têtes et 5 pieds. A Formies, 2 loups, entrés dans la ville, déchirèrent quelques individus qui s'offrirent à leur rencontre. A Rome, un loup pénétra non-seulement dans la ville, mais même dans le Capitole. La guerre fut heureuse dans les Gaules ; Cornelius défit les Insubres, qui avaient pris les armes contre les Romains. Minutius s'approcha de Gênes avec son armée, commença la guerre contre les Liguriens, soumit les villes de Clastidie et de Litubie, les Célélates et les Cerdicéates ; et, à l'exception des Boïens Gaulois et des Iluates Liguriens, il accrut l'empire romain de tout le pays en deçà du Pô. |
| -196 | L. Furio Purpureone, M. Claudio Marcello, coss. L. Julius equestris in Sabinos proficiscens, fulmine una cum equo exanimatus est; ædes Feroniæ in Capenate de cœlo tacta; ad Monetæ templum duarum hastarum spicula arserunt; lupus Esquilina porta ingressus, frequentissima parte Urbis, quum in forum decurrisset, Thusco uico, atque inde Melio per portam Capenam prope intactus euasit: haec prodigia majoribus hostiis sunt procurata. Hannibal frustra in Africa bellum molitus, ob metum Romanorum profugus, ad Antiochum Syriæ regem, bellum contra Romanos gerentem fugit. Marcellus in Hetruria a Boiis est oppressus. Boii et Insubres a Romanis igni ferroque uastati; Philippus in Thessalia fusus et fugatus est. [Lycosthenes < Verger 50] |
Sous les consuls L. Furius Purpuréon et M. Claudius Marcellus [An de Rome 558] L. Julius, chevalier, allant chez les Sabins, fitt tué par la foudre avec son cheval ; à Capène, la foudre tomba sur le temple de Féronie ; et, près de celui de Monéta, les fers de 2 lances jetèrent des flammes. Un loup, entré par la porte Esquiline, quartier le plus fréquenté de la ville, parvint jusqu'au Forum, parcourut les rues Thuscie et Méfie, et se sauva, sans presque avoir été touché, par la porte Capène. Pour détourner l'effet de ces prodiges, on immola de grandes victimes. Annibal, après de vains efforts pour entraîner l'Afrique à de nouvelles hostilités, s'éloigna par crainte des Romains, et s'enfuit chez le roi de Syrie, Antiochus, qui leur faisait la guerre. Les Boïens battirent Marcellus dans l'Etrurie. Les Romains ravagèrent par le fer et par le feu le pays des Boïens et celui des Insubres. Philippe fut battu et mis en fuite dans la Thessalie. |
| -194 | P. Cornelio Scipione Africano II, T. Sempronio Longo, coss. Romæ in foro, comitio, et Capitolio, snaguinis guttæ visæ sunt; terra aliquoties pluit; caput Vulcani arsit; Interamnæ lac fluxit; pueri ingenui Arimini sine oculis et naso nati; in Piceno infans absque manibus ac pedibus natus; in Adrianorum agro lapidibus pluit: ea prodigia ex pontificum decreto procurata, et sacrificium novemdiale factum. In Gallia Lucius Valerius Flaccus proconsul, circa Mediolanum, cum Gallis, Insubribus et Boiis, qui Dorulaco duce ad concitandos Insubres Padum transgressi erant, signis collatis depugnauit; Marcus Porcius Cato ex Hispania triumphauit; T. Sempronius Boios primum ancipiti Marte, tandem vero insigni strage cecidit; in Macedonia T. Quintus Romanorum praesidia e Graecia Brundusium deduxit. [Lycosthenes < Verger 51] |
Sous les consuls P. Cornelius Scipion l'Africain H et T. Sempronius Longus [An de Rome 560] A Rome, on vit des gouttes de sang dans le Forum, dans le comice et au Capitole ; il plut de la terre de temps en temps ; la tête de Vulcain s'embrasa. A Intéramne, il coula du lait ; à Ariminurn, des enfants de condition libre vinrent au monde sans yeux et sans nez ; dans le Picénum, il en naquit un sans pieds ni mains. Au territoire des Adrianes, il plut des pierres. Un décret des pontifes ordonna un sacrifice novemdial pour détourner les malheurs que présageaient ces prodiges. Dans la Gaule, le proconsul Lucius Valerius Flaccus combattit de pied ferme, aux environs de Mediolanum, les Gaulois, les Insubres et les Boïens, qui, sous la conduite de Dorulacus, avaient passé le Pô pour soulever les Insubres. Marcus Porcins Caton triompha de l'Espagne. T. Sempronius, qui avait d'abord soutenu la guerre contre les Boïens avec des succès mêlés de revers, les battit enfin et en fit un grand carnage. En Macédoine, T. Quintius ramena de la Grèce les garnisons romaines, et les conduisit à Brindes. |
| -193 | L. Cornelio Merula, Q. Minutio Thermo, coss. Maximi et grauissimi terræ motus fuerunt, et aquæ ingentes; unde et Tyberis loca Urbis plana inundavit; circa portam Flumentanam quaedam ruinis sunt collapsa; porta Caelimontana fulmine icta, murusque cca multis locis de cœlo tactus; Ariciae, Lanuvii, et in Aventino lapidibus pluit; Capuæ uesparum ingens multitudo in forum advolavit, et in Martis æde consedit; quæ cum cura collecta, et igni cremata est: horum prodigiorum causa novemdiale sacrum factum, et urbs lustrata est. Minutius a Liguribus in extremum periculi adductus, uix Numidarum industria liberatus est; Antiochus Hannibale sollicitante, bellum contra Romanos suscepit, et in Hispania res feliciter gestæ sunt. [Lycosthenes < Verger 52] |
Sous les consuls L. Cornelius Merula et Q. Minuties Thermos [An de Rome 561] Il y eut de très-grands et très-violents tremblements de terre, et de grandes inondations; le Tibre couvrit de ses eaux les lieux bas de la ville. Quelques bâtiments s'écroulèrent près de la porte Flumentane ; la foudre frappa la porte Célimontane, et aux environs plusieurs endroits de la muraille. Il plut des pierres à Aricie, à Lanuvium et sur le mont Aventin. A Capoue, des essaims innombrables de guêpes volèrent sur la place et s'abattirent dans le temple de Mars : on les recueillit avec soin, et on les brûla. Ces prodiges donnèrent lieu à un sacrifice novemdial, et la ville fut purifiée. Minutius fut attiré par les Liguriens dans un très-grand péril, dont il ne fut délivré qu'avec peine par l'adresse des Numides. Antiochus, à la sollicitation d'Annibal, entreprit la guerre contre les Romains, et l'on obtint des succès en Espagne. |
| -192 | L. Quintio Flaminio, Gn. Domitio Aenobarbo, coss. Capra sex hoedos uno fœtu edidit in Piceno ; Aretii puer natus unimanus ; Amiterni terra pluit ; Formis porta murusque de cœlo tacta ; bos loquutus, "Roma tibi cave;" ceterorum prodigiorum supplicatum est, bovem autem cum cura servari, alique aruspices jusserunt ; Tyberis infestiore quam prius impetu illatus Urbi, duos pontes, ædificia multa, et maxime circa portam Flumentanam evertit ; saxum ingens siue imbribus, siue terræ motu leviore, quam alioqui sentiretur, labefactatum, in vicum Jugarium ex Capitolio procidit, et multos oppressit ; in agris passim inundatis pecua ablata, villarum strages facta est. Q. Minutius in agro Pisano signum Liguribus signis collatis pugnavit, et novem hostium milia occidit, ceteros fusos fugatosque in castra compulit ; Boiorum regio longe lateque a Romanis vastata est ; in utraque Hispania res feliciter gestæ ; contra Vectones et Toletanos prospere pugnatum. Antiochus rex in Hellespontum cum magno exercitu irrupit. [Lycosthenes < Verger 53] |
Sous les consuls L. Q. Flaminius et Gn. Domitius Énobarbus [An de Rome 562] Dans le Picénum, une chèvre mit bas 6 chevreaux d'une seule portée. A Arétiutn, il naquit un enfant n'ayant qu'une seule main. A Amiterne, il plut de la terre. A Formies, la foudre frappa une porte et une muraille. Un boeuf prononça : "Rome, prends garde à toi !" Ces prodiges, et d'autres encore, furent l'occasion de prières publiques ; mais les aruspices ordonnèrent de conserver le boeuf, et de le nourrir avec soin. Le Tibre déborda dans la ville avec une impétuosité dont on n'avait point encore eu d'exemple, entraîna 2 ponts, et renversa un grand nombre d'édifices, principalement aux environs de la porte Flumentane. Une pierre énorme, détachée soit par les pluies, soit par un tremblement de terre trop faible pour être remarqué, roula du Capitole dans la rue Jugare [rue de Rome ou était un autel de Junon, surnommée Juga, comme divinité tutélaire du mariage], et écrasa plusieurs personnes. Partout où s'étendit l'inondation dans la campagne, elle entraîna les bestiaux et détruisit les habitations. Q. Minutius, s'étant mesuré avec les Liguriens dans la plaine de Pise, leur tua 9000 hommes, mit le reste en déroute, et poursuivit les fuyards jusqu'à l'entrée de leur camp. Le pays des Boïens fut ravagé dans toute son étendue par les Romains. On obtint des succès dans les 2 Espagnes. On combattit avec avantage les Vectones et les Tolétains. Le roi Antiochus traversa brusquement l'Hellespont avec une grande armée. |
| -191 | P. Cornelio Scipione Nasica, M. Attilio Glabrione, coss. Boues duo domiti in Carinis per scalas peruenerunt in tegulas aedificii, quos aruspices uiuos comburi, cineremque eorum in Tyberim deiici jusserunt; Tarracinæ et Amiterni aliquoties lapidibus pluit; Minturnis Jovis templum et tabernæ circa forum de cœlo tactae; Vulturni in ostio fluminis, duæ naves fulmine ictæ conflagrarunt: eorum prodigiorum causa ieiunium Cereri est institutum, item novemdiale sacrum, et in unum diem supplicatio facta. Eo anno contra Ligures, acerrimos hostes, prospere a Q- Minutio est pugnatum, interfectis aliquot hostium millibus; duobus fere post mensibus, P- Cornelius cum Boiorum exercitu signis collatis, duodetriginta hostium illia occidit, III millia et quadraginta cepit, signa militaria CXXIV, equos MCCXXX; Attilius Naupactum expugnauit; nauali proelio cum Eumene et Antiochi regis praefectis prospere est pugnatum. [Lycosthenes < Verger 54] |
Sous les consuls P. Cornelius Scipiou Nasica et M. Attilius Glabrion [An de Rome 563] Dans le quartier des Carènes, 2 boeufs domestiques montèrent par l'escalier jusqu'au toit d'une maison ; les aruspices ordonnèrent qu'on les brûlât vifs, et qu'on jetât leurs cendres dans le Tibre. Des pluies de pierres tombèrent de temps en temps à Terracine et à Amiterne. Le temple de Jupiter à Minturnes, et quelques boutiques autour de la place, furent atteints par la foudre, qui, dans Vulturne, à l'embouchure du fleuve, frappa aussi 2 vaisseaux et les incendia. A cause de ces prodiges, on institua un jeûne en l'honneur de Cérès, on célébra le sacré novemdial, et on fit des prières publiques pendant un jour. Cette année, Q. Minutius combattit avec succès contre les Liguriens, et détruisit quelques milliers de ces ennemis acharnés. Environ 2 mois après, P. Cornelius combattit de pied ferme l'armée des Boïens ; leur tua 28 000 hommes et en fit prisonniers 3040, s'empara de 124 étendards, et de 1230 chevaux. Attilius prit Naupacte. On combattit heureusement sur mer avec Eumène et les lieutenants du roi Antiochus. |
| (Sequentia sunt Obsequentis, exceptis iis, quæ sunt uncis inserta) | (Ce qui suit est d'Obsequens, excepté les passages places entre crochets) | |
| -190 | L. Scipione, C. Laelio, coss. Junonis Lucinæ templum fulmine ictum, ita ut fastigium, ualuaeque deformarentur ; in finitimis pleraque de cœlo icta ; Nursiæ sereno [sous entendu die] nimbi orti, et homines duo exanimati ; Tusculi terra pluit ; mula Reate peperit : supplicatio per decem pueros patrimos matrimos, totidemque virgines habita. [Obsequens < Verger 55] [1] |
Sous les consuls L. Scipiou et C. Lélius [An de Rome 564] La foudre frappa de telle sorte le temple de Junon-Lucine, que le comble et les fenêtres en éprouvèrent de grands dommages ; elle frappa encore beaucoup d'autres choses dans les environs. A Nursie, pendant un temps serein, il survint tout à coup un orage violent, et 2 hommes en perdirent la vie. A Tusctdum, il plut de la terre. A Réate, une mule mit bas. On fit adresser des prières aux dieux par 10 enfants et autant de jeunes filles, tous ayant père et mère. |
| Aemilius Regillus eo anno feliciter contra Antiochum pugnavit, et Antiochus ipse a Scipione captus est. [Lycosthenes < Verger 55] | Cette année, Emilius Regillus combattit avec succès contre Antiochus, et ce roi tomba lui-même entre les mains de Scipion. | |
| -188 | M. Messala, C. Liuio, coss. Luce, inter horam tertiam et quartam, tenebræ ortæ ; in Aventino lapidum pluuiæ novemdiali [sous-entendu sacro] expiatæ. In Hispania prospere militatum. [Verger 56] [2] |
Sous les consuls M. Messala et C. Livius [An de Rome 566] Pendant le jour, entre 3 et 4 h, survinrent des ténèbres. Des pluies de pierres étant tombées sur le mont Aventin, on célébra en expiation le sacré novemdial. On fit la guerre avec succès en Espagne. |
| -186 | Sp. Postumio Albino Q. Marcio Philippo coss. Sacrum novemdiale factum, quod in Piceno lapidibus pluit [c'est pluerit qu'il faudrait lire] ; ignesque cœlestes multifariam orti, levi afflatu complurium vestimenta adusserunt ; ædes Jovis [dans Tite-Live (liv. 39, ch. 22), on trouve oedes Opis] in Capitolio fulmine icta ; in Umbria semimas duodecim ferme annorum natus, aruspicumque jussu necatus. Galli, qui Alpes transierunt in Italiam, sine prœlio ejecti. [Obsequens < Verger 56] [3] |
Le sacré novemdial fut encore célébré, à cause d'une pluie de pierres tombée clans le Picénum, ainsi qu'à l'occasion de l'apparition, en divers endroits, de feux célestes qui avaient effleuré et brûlé les vêtements de plusieurs personnes. La foudre frappa le temple de Jupiter au Capitole. En Ombrie, il se trouva un enfant de 12 ans demi-mâle, dont les aruspices ordonnèrent la mort. Les Gaulois ayant franchi les Alpes pour entrer en Italie, en furent chassés sans combat. |
| Fœdus est cum Antiocho conscriptum, et a Thracibus Romani vexati sunt. [Verger 56] [3] | Antiochus signa un traité d'alliance avec les Romains, et ceux-ci furent inquiétés par les Thraces. | |
| -187 | M. Aemilio Lepido, C. Quintio Flaminio, coss. In Sicilia Vulcani insula saxosa, deserta, quæ ex ternis crateribus flammas eructabat, magna hominum admiratione nata est. Eodem anno Q. Fuluius Flaccus praetor in Citeriore Hispania XXIII millia hominum fudit : Gracchus in Hispania Ulteriore infinita oppida in deditionem accepit; Posthumius in Citeriore Hispania feliciter etiam contra hostes pugnavit, ibidemque multa oppida expugnauit etiam Gracchus. [Lycosthenes < Verger 57] |
Sous les consuls M. Émilius Lépidus et C. Quintius Flaminius [An de Rome 567] En Sicile, on vit avec une grande surprise apparaître l'île de Vulcain, île pierreuse, déserte, et qui vomissant des flammes par 3 ouvertures. La même année, dans l'Espagne Citérieure, le préteur Q. Fulvius Flaccus défit 23 000 hommes ; et, dans l'Espagne Ultérieure. Gracchus reçut la soumission d'une infinité de villes. Posthumius combattit avec bonheur contre les ennemis dans l'Espagne Citérieure, et Gracchus prit un grand nombre de villes dans la même contrée. |
| -186 | Sp. Posthumio Albino, Q. Martio Philippo, coss. Ludis Romanis quos P- Cornelius Cethegus et A. Posthumius Albinus faciebant, malus in Circo instabilis in signum Pollentiæ procidit, atque id dejecit : qua religione moti patres, et diem unum adiiciendum ludorum celebritati, et signa duo pro uno reponenda, nouumque auratum faciendum censuerunt. Gn. Manlius de Gallograecis triumphauit, Asiaticas illecebras inuexit ; in Hispania Lusitanorum et Celtiberorum caedes sub idem fere tempus facta est. [Lycosthenes < Verger 58] |
Sous les consuls Sp. Posthumius Albinus et Q. Martius Philippus [An de Rome 568] Pendant les jeux que P. Cornelius Cethegus et A. Posthumius Albinus donnaient à Rome, un mtât de navire, mal fixé, qui se trouvait dans le Cirque, tomba sur la statue de la déesse Pollentie, et la renversa. Les sénateurs, émus de cet événement qui intéressait la religion, arrêtèrent que l'on ajouterait un jour à la solennité des jeux, que l'on replacerait 2 statues au lieu d'une, et que l'on ferait dorer la nouvelle. Gn. Manlius triompha des Gallogrecs, et introduisit à Rome les moeurs efféminées des Asiatiques. Presqu'en même temps, les Lusitaniens et les Celtibériens éprouvèrent en Espagne une sanglante défaite. |
| -183 | M. Claudio, Q. Fabio Labeone, coss. In area [In ara. Pour être d'accord avec Tite-Live, il faudrait lire in area] Vulcani per biduum, in area Concordiæ totidem diebus sanguinem pluit; in Sicilia, insula nova maritima [que peut signifier maritima, puisqu'il n'existe par d'île terrestre ? Il faut, sans nul doute, lire : insula nova mari edita]. Hannibal in Bithynia veneno periit ; Celtiberi subjecti. [Obsequens < Verger 59] [4] |
Sous les consuls M. Claudius et Q. Fabius Labéou [An de Rome 571] Dans la partie découverte du temple de Vulcain et de celui de la Concorde, il plut du sang pendant 2 jours. En Sicile, une île nouvelle parut dans la mer. Annibal périt par le poison en Bithynie. Les Celtibériens furent subjugués. |
| Obierunt clarissimi imperatores, Scipio et Philippemenes [Lycosthenes < Verger 59] [4]. | La mort enleva 2 généraux fort illustres, Scipion et Philippemen. | |
| -182 | L. Aemilio Paulo, Cn. Bebio Pamphilo, coss. Procellosa tempestate strages in Urbe facta : signa ænea in Capitolio dejecit ; signa in Circo maximo cum columnis [Tite-Live (liv. 40, ch. 2), ajoute quibus superstabant] evertit ; fastigia templorum aliquot a culmine abrupta dissipavit : mulus tripes Reate natus ; ædes Apollinis Caietæ fulmine ictæ [pourquoi ictæ, et non pas icta ? Il manque sans doute ici Formiis, qui se trouve dans Tite-Live, et l'on devrait lire : Aedes Apollinis Formiis et Caietæ fulmine ictæ. Ceci appartient à l'an de Rome 572] ; [Verger 60] [5] |
Sous les consuls L. Émilius Paulus et Cu. Bebius Pamphilus [An de Rome 572] Une violente tempête fit dans Rome des dégâts considérables, abattit vies statues d'airain dans le Capitole, renversa d'autres statues avec leurs colonnes dans le Brand Cirque, brisa le comble de quelques temples et en fit voler au loin les débris. A Réate, il naquit un mulet n'ayant que 3 pieds. A Caiète, le temple d'Apollon fut frappé de la foudre. |
| In area Vulcani et Concordiæ sanguinem pluit ; hastæ Martis motæ ; Lanuvii simulacrum Junonis Sospitæ lacrymauit ; pestilentiæ Libitina non sufficit [ces mots désignent que les ornements dont on se servait dans les pompes funèbres, et dont le dépôt était dans le temple de la déesse Libitine, devenaient insuffisants, vu la multitude des morts] : ex Sibyllinis [sous-entendu libris] supplicatum, quum sex mensibus non pluisset. Ligures prœlio victi, deletique. [Verger 60] [6] | Il plut du sang sur les places de Vulcain et de la Concorde. Les lances de Mars s'agitèrent d'elles-mêmes. A Lanuvium, la statue de Junon Sospita versa des larmes. Il survint une si grande peste, qu'on ne pouvait suffire à enterrer les morts. 6 mois s'étant écoulés sans pluie, d'après les livres Sibyllins, on adressa des prières aux dieux. Les Liguriens furent vaincus dans un combat, et taillés en pièces. | |
| Pestis Urbem et uillas invasit, quæ adeo urbem exhausit, ut uix in Sardiniam contra defectionem Corsorum exercitus conscribi potuerit. Sex mensibus nunquam pluit. [Lycosthenes < Verger 60] [6] | La peste se répandit dans la ville et dans la campagne ; elle épuisa Rome de citoyens, et ce n'est qu'avec peine qu'on parvint à lever une armée en Sardaigne pour arrêter la défection des Corses. 6 mois entiers se passèrent sans pluie. | |
| -179 | Q. Fuluio, Cn. Manlio, coss. Nimbis continuis in Capitolio signa aliquot dejecta [Voyez Tite-Live, liv. XL, ch. 45] ; fulmine Romæ et circa plurima decussa. In lectisternio Jovis, terræ motu deorum capita se converterunt ; lana cum integumentis, quæ Joui erant apposita, decidit ; de mensa oleas mures præroserunt. [Verger 61] [7] |
Sous les consuls Q. Fulvius et Cn. Manlius [An de Rome 575] Durant des pluies continuelles, quelques statues se trouvèrent renversées au Capitole. A Rome et aux environs, beaucoup d'objets furent frappés par la foudre. Au lieu où était le lectisterne de Jupiter, les têtes des dieux se tournèrent par l'effet d'un tremblement de terre, qui fit tomber les tissus de laine couvrant la statue de ce dieu. Des rats rongèrent des olives sur une table. |
| De Celtiberis triumphatum ; res in Hispania feliciter gestae ; et cum Liguribus prospere pugnatum. [Lycosthenes < Verger 61] [7] | On triompha des Celtibériens. Les affaires prirent en Espagne une tournure favorable, et l'on obtint des succès contre les Liguriens. | |
| -178 | M. Junio, Gn. Manlio, coss. Incendio circa forum quum plurima essent deusta, ædes Veneris sine ullo uestigio cremata ; Vestæ penetralis ignis exstinctus ; virgo, jussu M. Æmilii pontificiis maximi flagro cæsa, negavit ulterius interiturum [Interire pour exstinctum iri]. Supplicationibus habitis, in Hispania et Histria bella prospere administrata. [Nisard 1] [Verger 62] [8] |
Sous les consuls M. Sunius et Gn. Manlius [An de Rome 576] Un incendie, qui brûla plusieurs bâtiments autour du Forum, consuma le temple de Vénus, sans qu'il en restât aucun vestige. Le feu du sanctuaire de Vesta s'éteignit ; la prêtresse, après avoir été fustigée par ordre de M. Emilius , grand pontife, promit qu'il ne s'éteindrait plus à l'avenir. On fit des prières publiques, et la guerre fut heureusement conduite en Espagne et en Istrie. |
| -177 | C. Claudio Pulchro, T. Sempronio Graccho, coss. Lapis ingensi ne agro Crustumino in lacum Martis de cœlo cecidit ; puer trucis corporis in agro Romano natus ; anguis quadrupes visus ; Capuæ multa in foro ædificia de cœlo tacta. Puteolis duæ naves fulminis |