1804
- Fontenelle publie Entretien sur la pluralité des Mondes.
- Août
- 16:00 : Par un temps beau et sans nuages, la diligence prise par M. Pontus - professeur à Cahors - voyageant d'Albi à Toulouse, s'arrête quelques mn à La Conseillère (à 3 lieues de Toulouse), pour changer ses chevaux. Au moment de remonter en voiture, un nuage très épais couvre subitement l'horizon et le tonnerre se fait entendre avec éclat. M. Pontus pense que le nuage doit se trouver à une grande élévation, car les gouttes d'eau qui tombent sur eux sont très grosses. Ce nuage creve sur la route à 60 toises environ du point où ils se trouvent. 2 cavaliers qui revenaient de Toulouse, où ils se rendent, et qui se trouvent exposés à l’orage, sont obligés de mettre leurs manteaux pour s’en garantir ; mais ils sont bien surpris et même effrayés, lorsqu'ils se voient assaillis par une pluie de crapauds. Ils hâtent leur marche et s'empressent, dès qu'ils ont rencontré la diligence, de leur raconter ce qui vient de leur arriver. M. Pontus voit de petits crapauds sur leurs manteaux, qu'ils firent tomber en les secouant devant eux.
La diligence a bientôt atteint le lieu où le nuage a crevé, et voient la grande route et tous les champs qui la longent à droite et à gauche jonchés de crapauds, dont le plus petit a au moins le volume de 1 pouce3, et le plus grand près de 2 pouces, ce qui fait conjecturer à M. Pontus que tous ces crapauds ont dépassé l'âge de 1 ou 2 mois. Il en voit jusqu'à 3 ou 4 couches superposées les unes sur les autres. Les pieds des chevaux et les roues de la voiture en écrasent plusieurs milliers. Certains voyageurs veulent fermer les stores, afin de les empêcher d’entrer dans la voiture, craignant probablement leurs bonds : M. Pontus s'y oppose et ne discontinue pas de les observer. Ils voyagent sur ce pavé vivant pendant 15 mn au moins; les chevaux vont au trop "Météorologie - Pluie de crapauds", extrait d’une lettre de M. Pontus, professeur à Cahors, à M. Arago.