Les documents MJ

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Des documents diagnostiqués faux par le FBI mais aussi par la plupart des ufologues, y compris ceux qui croient tout de même à l'existence d'un groupe MJ-12 ou équivalent Doty.

Moore, Shandera et Friedman, les 3 découvreurs/enquêteur d'origine des documents MJ
Moore, Shandera et Friedman, les 3 découvreurs/enquêteur d'origine des documents MJ

En mai 1987, William Moore, associé de Jaime Shandera, annonce dans un communiqué de presse qu'il exposera de curieux documents impliquant 12 hauts responsables, tant militaires que politiques et scientifiques.

Quelques semaines plus tard, après le banquet de clotûre du symposium annuel du MUFON, il prend la parole.

Il raconte qu'en décembre 1984, alors qu'il travaillait avec Stanton Friedman et Jaime Shandera dans le but de "lever le voile du secret sur les ovnis", il a reçu chez lui, à Los Angeles, un mystérieux pli, posté depuis Albuquerque sans adresse de retour, contenant une pellicule 35 mm.

Une fois développé, le film révèlait un document Top-Secret de 8 pages, adressé au président Eisenhower et apparemment rédigé par le contre-amiral Roscoe Hillenkoetter.

Le document relate la découverte et récupération d'une soucoupe accidentée et des dépouilles de ses 4 occupants le 7 juillet 1947, dans le désert du Nouveau Mexique Faisant référence au crash de Roswell.

Toujours d'après ce document, Truman aurait alors créé sur les conseils du docteur Vannevar Bush, le 24 septembre 1947, un groupe de sécurité consultatif composé de 12 hautes personnalités chargées de maintenir le secret sur l'affaire : le Majestic-12 ou MJ-12.

Enquête

La 1ère page du prétendu briefing sur les ovnis d'origine extraterrestre au président Eisenhower
La 1ère page du prétendu briefing sur les ovnis d'origine extraterrestre au président Eisenhower

L'affaire prend rapidement une ampleur considérable. Divers ufologues mènent leurs enquêtes, à la recherche de failles dans les moindres détails du document. Philip Klass interroge Richard Doty, Jean Sider étudie la forme du document. Ensuite, on s'active à établir le curriculum vitae des 12 membres de ce comité consultatif agissant dans le plus grand secret. Tout semble crédible, jusqu'aux activités du contre-amiral Roscoe Hillekoetter qui, après avoir occupé la place directeur de la CIA, est devenu membre d'une célèbre association ufologique américaine : le NICAP.

Enquête officielle

Des copies circulent et finissent dans les mains d'un agent du FBI à Dallas, le 15 septembre 1988. Le service de police fédérale et de contre-espionnage américain, qui a pour charge d'enquêter sur toute personne possédant des documents secrets sans avoir l'accréditation adéquate, lance sa propre enquête, en informant le Pentagone de sa découverte. Des gens comme Doty, un temps suspecté d'être à l'origine des documents, font l'objet d'une enquête. Le 30 novembre 1988, l'AFOSI indique au FBI que le document est un faux. Pour le FBI, l'affaire est close Dossier du FBI sur les documents MJ - PDF 608 Ko.

Le premier coup donné à l'authenticité du MJ-12 est la signature de Truman, apposée sur un mémorandum adressé au Secrétaire de la Défense James Forrestal. Invariablement, sur tous les documents officiels, le "T" de la signature recouvre le texte au-dessus de lui : or, ce n'est pas le cas sur le document du MJ-12. Après d'importantes recherches, Klass, met la main sur une lettre de Harry Truman datée du 1er octobre 1947, comportant une signature strictement identique. La faible probabilité de reproduire sa propre signature de manière identique deux fois dans sa vie remet plaide donc en défaveur de l'authenticité de ce document. Klass avance que cette signature est 3,6 % plus grande que l'original retrouvé, ce qui correspond exactement à un facteur d'agrandissement 3 d'une machine Xerox (1,2 %, afin de couvrir l'effet de "cadre" produit si un document n'est pas aussi grand que la vitre de copie). Klass avance une théorie selon laquelle 3 procédures de transfer Xerox sont nécessaire pour transférer la signature sur le faux document Klass, P. J.: Skeptical Inquirer.

A cela, d'autres enquêteurs ajoutent des remarques concernant la notation des dates, similaires à celles qu'utilise William Moore dans ses courriers. La crédibilité des documents MJ est alors sérieusement remise en cause.

Cependant, si ces documents sont faux, il reste à déterminer le coupable et ses motivations, car si les documents sont faux, ils pourraient être l'oeuvre d'un escroc tout comme d'une agence de sécurité américaine. Doty semble avoir été impliqué dans des affaires similaires. Agent de l'AFOSI, il aurait fait, dès 1983, des révélations s'apparentant à celles contenues dans les documents du MJ-12 à la journaliste américaine Linda Moulton Howe, puis à William Moore lui-même. Or, l'un des documents tentant à attester l'existence du MJ-12 provient précisément de la base de Kirtland. Ce document, censé être rédigé par l'AFOSI, aurait été réalisé à partir d'un autre document authentique dans lequel aucune mention du MJ-12 n'était faite. Or, il s'agit du même AFOSI qui a mis fin à l'enquête du FBI le 30 Novembre 1988 Dossier du FBI sur les documents MJ - PDF 608 Ko.

Pour d'autres, les investigations se poursuivent Majestic. Quant au vrai-faux groupement de hauts conseillers du gouvernement américain, il n'est pas impossible qu'il s'agisse en fait du NSC, seule agence américaine non soumise à la loi américaine sur la liberté de l'information. Et, comme le souligne Jean Sider, cet organisme a été créé le 26 juillet 1947, soit près de 3 semaines après l'incident de Roswell.

Les documents MJ sont cependant fortement controversés parmi la communauté ufologique. Jaime Shandera, William Moore et Stanton Friedman effectuèrent des recherches approfondies après avoir reçus ces documents. Ceux-ci furent publiés dans Hall 1988 ainsi que dans Friedman & Berliner 1992. Friedman considère, sur la base d'autres documents trouvés dans les Archives Nationales, que ces documents sont crédibles, alors que d'autres, dont Richard Doty lui-même Klass, P. J.: Interview téléphonique de Richard Doty, 8 janvier 1988 y voient des incohérences grossières, relatives à la manière dont il est classé ou aux numéros de page ainsi qu'aux caractéristiques typographiques utilisés en 1950.

Cependant l'éventuel faux que pourraient représenter ces documents ne prouverait pas pour autant l'inexistence du groupe MJ-12 ou assimilé. De plus divers autres documents citant MJ-12 ou Majestic-12 ont été publiés. Certains sont incontestés mais non expliqués, et d'autres nécessitent une vérification de leur authenticité. Divers peuvent être trouvés sur Majestic.

Références :

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