Tout ce ramassis d'ovnis et d'enlèvements par des extraterrestres rattaché au SETI [est] ce qui fait de l'argent, ce que les gens trouvent sexy. Mais le véritable SETI est une exploration scientifique valide Dr. Jill Tarter, Professor Searches for Aliens, The Harvard Crimson Online, lundi 9 février 2004
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SETI-Radio Micro Waves, vise à rechercher des civilisations extraterrestres par l'écoute des signaux radios qu'elles pourraient émettre intentionnellement ou involontairement.
En septembre 1959, Philip Morrison et Giuseppe Cocconi publient dans Nature un article posant les fondements théoriques d'une possible communication interstellaire. Morrison y anticipe l'intérêt d'utiliser les micro-ondes dans les tentatives de communiquer à de très longues distances, et avance la conjecture de Morrison-Coconni : si une civilisation extraterrestre venait à vouloir communiquer, elle utiliserait comme fréquence d'émission de 1420 MHz, celle de l'atome le plus simple et le plus répandu dans l'univers qu'est celui de l'hydrogène (H).
Le 1er projet SETI est le projet OZMA (venant de "Oz", le nom d'un pays imaginaire inventé par Frank L. Baum dans un livre pour enfants, décrit comme un endroit très lointain, difficile à atteindre, et peuplé d'êtres étranges et exotiques), mené par le radioastronome Frank Drake au NRAO. Celui-ci sélectionne les étoiles Tau Ceti dans la constellation de Cetus (la Baleine) et Epsilon Eridani dans la constellation d'Eridanus (la Rivière). Les 2 étoiles ont à peu près le même âge que notre la nôtre, le Soleil.
Le 11 Avril 1960, à 6 h du matin, il braque l'antenne réceptrice d'un diamètre de 29,5 m, nouvellement équipée, sur 2 étoiles situées à 11 années-lumière de la Terre, écoutant avec attention sur la fréquence de 1420 mHz, indiquée comme idéale dans un article de Cocconi et Morrison : calé sur l'émission à 21 cm de l'hydrogène froid venant de l'espace interstellaire. Un seul récepteur de 100 Hz parcourant une bande passante de 400 kHz.
Dès le premier jour, Drake croit avoir mis dans le mille : en visant Epsilon Eridani, il enregistre aussitôt un signal pulsant d'origine manifestement artificielle qui dure 5 mn. On pense aujourd'hui qu'il s'agissait d'un avion militaire secret volant à très haute altitude.
L'opération dure jusqu'en Juillet à raison de 6 h par jour, soit 400 h en tout.
Début novembre 1961 se tient la fameuse réunion organisée par Drake et Pearman au NRAO, qui va exploiter nombre des idées débattues dans l'article de Morrison et Cocconi de 1959. Sont également présents Dana Atchley, Melvin Calvin, Su Shu Huang, le docteur John Lilly, Morrison, Bernard Oliver (vice-président de la R&D de Hewlett Packard), Carl Sagan et Otto Struve.
C'est là que Drake propose sa fameuse équation, qui propose le calcul théorique du nombre de civilisations "communicantes" dans notre galaxie.
A la fin de leur réunion qui a duré 3 jours, les participants décident que le groupe devrait avoir un nom. Inspirés par les contes de Lilly sur l'intelligence des dauphins, ils choisissent de se nommer "l'Ordre du Dauphin".
Dans les années 1960s c'est l'Union Soviétique qui domine l'activité SETI. Plutôt que de chercher au voisinage des étoiles proches, des soviétiques comme Nikolai Kardashev et I. S. Shklovskii, de l'Institut Astronomique Sternberg (SAI), utilisent des antennes pratiquement omni-directionnelles pour observer de larges portions du ciel, misant ainsi sur l'existence d'un minimum de civilisations suffisamment avancées pour émettre de grandes quantités de signaux.
En 1964 Kardashev organise suite à ces discussions une Conférence sur les Civilisations Extraterrestres où des radio-astronomes se réunissent à l'Observatoire Astrophysique Byurakan (BAO) en Arménie, dans le but d'obtenir des solutions techniques rationnelles et linguistiques au problème de la communication avec des civilisations extraterrestres qui sont bien plus avancées que la civilisation terrienne. L'emphase portée sur (a) la communication et (b) l'émission de signaux puissants par une intelligence hautement avancée depuis de grandes distances (éventuellement même extragalactiques), fait contraste avec la plus grande attention portée aux USA pour la recherche de messages venant d'étoiles et de civilisations proches plus en phase avec la nôtre. L'approche soviétique est typifiée par le schéma de classification de Kardashev de races technologiques et l'intérêt de Troitskii pour la possibilité de détecter des signaux venus d'autres galaxies Tovmasyan, G. M., ed. Extraterrestrial Civilizations: Proceedings of the First All-Union Conference on Extraterrestrial Civilizations and Interstellar Communication, May 1023, 1964, trans. from the Russian. Jerusalem: Israel Program for Scientific Translations (1967).
Une 2ème conférence est tenue en 1971 à l'Observatoire Byurakan, pour la 1ère fois internationale et soutenue par les Académies des Sciences de l'URSS comme des USA. Ambartsumian, Kardashev, Shklovskii, et Troitskii prennent en charge l'organisation du côté soviétique, tandis que Drake, Morrison et Sagan s'attèlent à la même tâche côté américain. Les participants incluent 28 soviétiques, 15 américains et 4 scientifiques d'autres nations. Sont discutés les méthodes de recherche radio, les techniques et conséquences d'un contact, le contenu de message et l'astroingéniérie extraterrestre. Une proposition de conclusion de la conférence est qu'il pourrait y avoir 1 million de civilisations techniques dans la galaxie, bien qu'il soit reconnu que l'équation de Drake donne une probabilité subjective plutôt qu'objective "First Soviet-American Conference on Communication with Extraterrestrial Intelligence," Icarus, 16, 412 (1972).
Dans les années 1970s, le Centre de Recherches Ames de la NASA à Mountain View (Californie) commence à réfléchir à la technologie nécessaire à une recherche efficace. Une équipe d'experts indépendants, sous la direction de Bernard Oliver, qui vient de quitter la société Hewlett Packard, produit une étude détaillée pour la NASA, intitulée projet Cyclops. Le rapport Cyclops fournit une analyse de la science et la technologie SETI qui va servir de base à la plupart des travaux ultérieurs.
Avec le temps la recherche SETI semble offrir des chances de succès de plus en plus raisonnables, et les américains se remettent à observer. Dans les années 1970s, de nombreux radioastronomes mènent des recherches, en utilisant des antennes et des récepteurs existants. Certains de ces efforts, exploitant des technologies évoluées, se sont prolongés jusqu'à aujourd'hui. Parmi eux on trouve le projet META de la Planetary Society, le projet SERENDIP de l'Université de Californie, et un programme de longue date de l'Université de l'état d'Ohio.
Billingham, J., et Oliver, B. M. Project Cyclops: A Design Study of a System for Detecting Extraterrestrial Intelligent Life. Moffett Field, Calif.: NASA/Ames Pub. CR-114445 (1972)(1973?).
Le premier projet SERENDIP (Search for Extraterrestrial Radio Emissions from Nearby Developed Intelligent Populations, le mot serendip signifiant aussi "trouvaille") est lancé en 1979 avec un analyseur de spectre de 100 canaux situé à l'observatoire de Hat Creek de l'Université de Berkeley (Californie).
En 1985, notamment grâce aux subventions de la fondation Bosack-Kruger et d'une de 100 000 $ de Steven Spielberg (convaincu par Carl Sagan), le projet META (Mega-Channel Extraterrestrial Array) débute à l'observatoire Oak Ridge à Harvard Massachusetts, balayant 8,4 million de canaux d'une largeur de 0,05 Hz.
Par la suite SERENDIP est perfectionné en SERENDIP 2 (1986 à 1988), des milliers de fois plus puissant que son prédécesseur. L'instrument de deuxième génération est capable d'observer 65000 canaux/s et est principalement installé au radio télescope de 300 pieds du NRAO à Green Bank et dans une moindre mesure sur 4 autres télescope de haute qualité dans le monde.
En 1990 le projet META 2 devient opérationnel aux environs de Buenos Aires, en Argentine, avec le soutien de la Planetary Society.
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A partir du 15 avril 1992 commence SERENDIP III, jusqu'à ce que SERENDIP IV soit installé au puissant radiotélescope d'Arecibo (Puerto Rico) en Juin 1997.
A la fin des années 1970s, des programmes SETI sont établis au Centre de Recherche Ames de la NASA et au Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena (Californie). Ces groupes aboutissent à une stratégie duale pour un projet SETI à grande échelle. Ames examinerait un millier d'étoiles similaires au Soleil selon une recherche ciblée, capable de détecter des signaux faibles ou sporadiques. Le JPL balayerait dans toutes les directions pour un examen du ciel. En 1988, après une décennie d'étude et une conception préliminaire, la direction de la NASA adopte formellement cette stratégie, et finance le programme.
Le 12 octobre 1992, à l'occasion du 500ème anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb au Nouveau Monde, la nasa lance son projet SETI le plus complet et ambitieux : HRMS (High Resolution Microwave Survey). Ce projet MegaSETI est lancé comme une extension du programme SETI : la grande antenne parabolique d'Arecibo à Porto Rico branche ses circuits sur le MCSA (Multi Channel Spectrum Analyser), un scanner spectral ultraperformant lui permettant de déchiffrer simultanément 10 millions de canaux. L'événement connaît une grande couverture médiatique Roussel 1994.
Au bout d'un an, le Congrès met fin au financement : à la fin de 1993 / début 1994, le projet est abandonné par la NASA pour des raisons budgetaires. Sans l'implication de la NASA, les chercheurs et les membres intéressés du public voient diminuer la chance d'une réponse, de leur vivant, aux questions profondes posées par SETI. C'est alors que l'Institut SETI (SETI Institute) tente de poursuivre ce programme à grande échelle à l'aide de fonds privés, même si c'est à un rythme moins soutenu.
Lancé en février 1995, le project Phénix à ne pas confondre avec l'hypothétique projet Phénix de la Marine US concentre ses efforts sur cette composante que le projet SETI de la NASA designait comme Recherche Ciblée. Sa stratégie est d'examiner attentivement les régions autour d'un millier d'étoiles semblables au Soleil. Les plus grandes antennes du mondes vont être utilisées, et elles ont déjà été utilisée dans le cadre d'observations pour le SETI. En poursuivant la recherche aujourd'hui, Phoenix peut tirer parti d'une fenêtre d'opportunités historique : en une décade, les interférences radio d'origine terrestre vont considérablement augmenter, compromettant la possibilité detecter des signaux faibles.
En 1996 David Gedye et Craig Kasnoff concoivent l'idée de SETI@home et forment la première équipe du projet. Un planning scientifique est développé, qui reçoit un large soutien académique à la 5ème Conférence Internationale de Bioastronomie en juillet 1996.
En 1997 le code de l'analyse de signal et les prototypes des logiciels clients et serveur sont développés.
En 1998 des fonds sont recherchés. En septembre, on commence à travailler sur le système d'enregistrement de données et sur la version finale du logiciel client. En novembre, les premiers enregistrements de données et tests du logiciel client sont effectués. Le projet utilise le plus grand radiotélescope du monde, celui de Arecibo, à Puerto Rico.
De janvier à mars 1999 le logiciel client est testé et débogué, la version finale du logiciel serveur est développée, et le site Web est préparé pour sa mise en service, le 13 mai. Divers problèmes techniques interviendront durant cette année.
En 2000, l'inspection du ciel se prolonge. Un million d'années de calcul est accumulé avec un demi-million de volontaires traitant les données. Un tri est entrepris parmi les 1,4 milliards de signaux potentiels de la base de données pour éliminer les interférences de fréquences radio (Radio Frequency Interference ou RFI), les erreurs informatiques, et pour rechercher les signaux qui se répètent.
A partir de 2001, grâce à l'incroyable engouement des volontaires, le projet est prolongé au delà des deux années prévues. SETI@home II se prépare, avec un élargissement de la couverture de bande radio à Arecibo en ajoutant un autre système d'enregistrement. Un système d'enregistrement pourrait également être ajouté à un télescope dans l'hémisphère Sud afin d'examiner une partie totalement différente du ciel.
A ce jour, le projet SETI@home n'a détecté aucun signal suffisamment caractéristique et suffisamment répété pour indiquer la présence d'une intelligence extraterrestre.
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