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Le traducteur anonyme de l'oeuvre intitulée De Grandine et Tonitruis ("De la grêle et du tonnerre") de "Saint Agobard" que l'on décrira comme un des prélats les plus célèbres et les plus savants du 9ème siècle mourra en 840, laissant un récit intéressant d'un incident particulièrement significatif :
| Texte d'origine | Traduction |
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Plerosque autem vidimus et audivimus tanta dementia obrutos, tanta stultitia alienatos, ut credant et dicant, quandam esse regionem quae dicatur Magonia, ex qua naves veniant in nubibus, in quibus fruges quae grandinibus decidunt et tempestatibus pereunt, vehantur in eandem regionem, ipsis videlicet nautis aëreis dantibus pretia tempestariis, et accipientibus frumenta vel ceteras fruges. |
Nous avons cependant vu et entendu beaucoup d'hommes plongés dans une si grande stupidité, noyés dans de telles profondeurs de folie, qu'ils croient qu'il existe une certaine région, qu'ils appelent Magonie, où des bateaux voguent dans les nuages pour emporter dans ce lieu les fruits de la terre qu'ont détruits la grêle et les tempêtes; les marins payant des gratifications aux sorciers de l'orage et recevant eux-mêmes du blé et d'autres produits. |
Ex his item tam profunda stultitia excoecatis, ut hoc posse fieri credant, vidimus plures in quodam conventu hominum exhibere vinctos quatuor homines, tres viros et unam feminam, quasi qui de ipsis navibus ceciderint: quos scilicet, per aliquot dies in vinculis detentos, tandem collecto conventu hominum exhibuerunt, ut dixi, in nostra praesentia, tanquam lapidandos. Sed tamen vincente veritate post multam ratiocinationem, ipsi qui eos exhibuerant secundum propheticum illud confusi sunt, sicut confunditur fur quando deprehenditur. |
Parmi ces gens dont la folie aveugle était assez profonde pour leur permettre de croire ces choses possibles, j'en ai vu quelques-uns extirpant d'une assemblée 4 personnes garrottées 3 hommes et 1 femme qui, prétendaient-ils, étaient tombés de ces navires; après les avoir gardés en captivité, il les avaient amenés devant cette multitude comme nous l'avons dit, en notre présence, afin qu'ils soient lapidés, mais la vérité à prévalu. |
Agobard
avait fait lui-même une enquête, et avait découvert que les
nombreuses personnes qui avaient disparu à cette époque du Moyen
Age, et avaient réapparu, prétendaient avoir visité un
pays qu'elles appelaient la Magonie.
Plus tard, l'Abbé Mautfaucon de Villars (1635-1665) reprendra l'histoire sur le thême de l'enlèvement par les Sylphes dans Le Comte de Gabalis (1670). L'histoire ainsi modifiée sera reprise par Jacob Grimm (vers 1820), puis entra dans la casuistique ufologique sans doute par l'intermédiaire de W. Raymond Drake dans son article de 1964 Spacemen of the Middle Ages. Jacques Vallée popularisera ensuite cette version remaniée par Montfaucon de Villars :
Un jour entre autres par exemple il arriva qu'à Lyon on vit descendre de ces nacelles aériennes 3 hommes et 1 femme. La cité tout entière se rassembla autour d'eux, criant qu'ils étaient des magiciens envoyés par Grimaldus, duc de Berreventum, l'ennemi de Charlemagne, pour détruire les moissons françaises. En vain, les 4 innocents se défendirent en disant qu'ils étaient des leurs et avaient été emportés peu de temps auparavant par des hommes extraordinaires qui leur avaient montré des merveilles dont on n'a jamais entendu parler, et ils avaient désiré leur faire eux-mêmes le récit de ce qu'ils avaient vu.
La populace déchaînée ne tint aucun compte de leur défense et était sur le point de les jeter dans le feu quand le valeureux Agobard, évêque de Lyon, qui ayant été moine dans cette ville, avait acquis une autorité considérable, alerté par le bruit, arriva en courant, et après avoir entendu les accusations des gens et la défense des accusés, déclara gravement que les uns et les autres étaient dans l'erreur, qu'il n'était pas vrai que ces hommes étaient tombés du ciel, et que ce qu'ils disaient avoir vu était impossible. Les gens crurent en la parole de leur bon père Agobard plus qu'en leur propres yeux, ils s'apaisèrent, remirent en liberté les 4 ambassadeurs des Sylphes, et reçurent, émerveillés, le livre qu'Agobard écrivit pour confirmer le jugement qu'il avait prononcé. Ainsi le témoignage de ces 4 témoins fut-il rendu inutile Montfaucon de Villars (Abbé): Le Comte de Gabalis (ou Entretien sur les sciences secrètes), 1670.
Vallée, J.: 1969.
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