Jean-Claude Bourret: 13 février 1979 Bourret, J.-C.: 1979.
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Bourret : Nous sommes en 1979. Depuis combien de temps la gendarmerie nationale collabore-t-elle à la recherche sur le phénomène ovni, en communiquant ses rapports aux CNES ?
Cochard : Antérieurement à mon arrivée en gendarmerie, c'est-à-dire avant 1973, nous avions déjà un certain nombre de procès-verbaux provenant des activités de surveillance générale des personnels et qui avaient répertorié un certain nombre de témoignages de nos concitoyens ayant constaté ce phénomène des objets volants non-identifiés. Je tiens à préciser que, dès la fin de l'année 1973, ayant consulté les procès-verbaux que nous avions en notre possession, j'ai estimé que, dans le cadre de cette mission, il était important que systématiquement les gendarmes puissent répertorier, enregistrer les témoignages dans ce domaine. Sans avoir d'idées préconçues sur le phénomène ovni, j'estime qu'il est incontestable, car nous avons des centaines et des centaines de témoignages sur le territoire. Pour améliorer l'approche des chercheurs, il était indispensable que la gendarmerie donne son point de vue.
Bourret : Y a-t-il des instructions précises qui aient été données aux gendarmes dans ce domaine ?
Cochard : Des instructions très précises leur ont été données. Je dirais même qu'au travers d'une étude qui a été faite, il y a déjà longtemps, par un capitaine de gendarmerie (le capitaine Kervendal), nous avons établi un questionnaire précis pour que les gendarmes puissent avoir un cadre d'investigations. Nous sommes, à ma connaissance, dans ce domaine, le seul pays qui systématiquement, au sein d'un service officiel, répertorie les témoignages relatifs aux objets volants non identifiés.
Bourret : On a pu dire qu'après avoir été longtemps les auxiliaires de la Justice, les gendarmes devenaient les auxiliaires de la Science Commandant Cochereau, Direction Gendarmerie.
Cochard : Oui, l'apport de ces procès-verbaux est capital. Il y a incontestablement, au travers de ces constatations faites par les gendarmes, des éléments qui peuvent servir dans le domaine sociologique, mais aussi dans le domaine scientifique. C'est la raison pour laquelle j'ai tenu à ce que nous ayons des rapports très étroits avec le GEPAN.
Bourret : Le GEPAN, le Groupement d'Etudes des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés, a été créé en 1977, à Toulouse, au sein du CNES. Le GEPAN, d'ailleurs, affirme qu'il travaille d'une façon privilégiée sur les rapports des gendarmes. Avez-vous réussi à faire en sorte que ces rapports lui parviennent plus rapidement ?
Cochard : Ce n'est pas tellement un problème de transmission rapide des procès-verbaux. Le GEPAN souhaite qu'en dehors des preuves, il y ait surtout une information rapide sur ce qu'on appelle les preuves indicaires. C'est surtout dans ce domaine que nous allons nous efforcer de saisir le GEPAN le plus rapidement possible, dans la mesure où ces phénomènes volants non identifiés se concrétiseraient par des empreintes, par des éléments indicaires.
Bourret : Comment vos gendarmes réagissent-ils à ce travail supplémentaire ?
Cochard : Les gendarmes ont été sensibilisés à ce problème par le capitaine de gendarmerie qui, le premier, avait conscience des possibilités que l'arme pouvait donner dans le domaine du rassemblement des témoignages.
Et puis, par le biais du journal de la gendarmerie que j'ai créé, les Echos de la Direction, j'ai voulu leur faire comprendre l'intérêt scientifique majeur qu'il y avait à ce que ces phénomènes puissent être répertoriés par procès-verbaux. C'est ainsi que dans notre journal, nous avons attiré l'attention sur les études scientifiques qui sont faites maintenant par le GEPAN. Les personnels de gendarmerie savent très bien que, non seulement en France mais à l'étranger, des études scientifiques très importantes sont faites dans ce domaine. Car en ce qui me concerne, je tiens à le dire avec tout mon sérieux, je suis certainement un homme sceptique, mais je suis convaincu que les phénomènes des objets volants non identifiés constituent une énigme scientifique extrêmement importante et que dans le domaine de la recherche scientifique, au travers de la recherche des causes de ce phénomène, il y a incontestablement des progrès scientifiques certains qui sont faits.
Bourret : Avez-vous lu la plupart des rapports sur les objets volants non identifiés ?
Cochard : J'ai commencé par lire tout ce qui a été rassemblé par les gendarmes. Et je dirais déjà qu'au travers de cette documentation, il y a, dans le domaine de la psychologie du témoignage, des études complémentaires à faire. Parce que nous avons beaucoup de témoignages qui ne seont pas des preuves indicaires. Dans le domaine de la psychologie du témoignage, il y a certainement déjà cette étude à entreprendre.
Bourret : N'est-il pas question de doter la gendarmerie nationale d'un filtre polarisant pour les appareils photographiques ?
Cochard : Vous êtes très bien renseigné. La seule chose que je puisse vous dire dans ce domaine, et compte tenu d'une conjoncture budgétaire difficile, c'est qu'effectivement nous avons promis au GEPAN, dans la mesure de nos faibles moyens, de l'aider pour que du matériel supplémentaire puisse être donné au personnel des brigades départementales.
Bourret : Combien y a-t-il de brigades départementales ?
Cochard : Eh bien, sur l'ensemble de l'Hexagone, nous avons 3850 brigades, ce qui constitue effectivement des points d'observation multiples sur le territoire.
Bourret : Chaque brigade est-elle dotée d'un appareil photographique ?
Cochard : En principe, oui.
Bourret : Une dernière question personnelle. Monsieur le Directeur, quel est votre sentiment vis-à-vis du problème des objets volants non-identifiés ?
Cochard : Vous me posez une question personnelle. Je répondrai effectivement en n'engageant que moi-même. Je vous dirai d'abord que je suis un homme très sceptique, mais qu'au-delà de mon scepticisme, je suis obligé de constater qu'il y a un phénomène des objets volants non identifiés.
S'agit-il d'objets matériels habités ? S'agit-il d'autres phénomènes ? Je n'en sais rien. L'énigme, qui est posée sur le plan scientifique, est très importante. Personnellement, je suis très heureux que les efforts faits par la gendarmerie sur le terrain, soient prolongés par des études scientifiques sérieuses.
Quant à aux extra-terrestres, je vous dirai tout de suite, peut-être parce que je suis trop cartésien et trop terre à terre : j'y croirai lorsque je les verrai !
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