- la nuit
Oleg Kirsanov conduit à vive allure un camion depuis la région d'Arkhengelsk vers Moscou (à 1500 km), avec à ses côtés Nicolaï, autre camionneur. Dans la cabine tous 2 comptent les heures : plusieurs jours de repos les attendent à l'arrivée.
Peu avant la ville de Emtza, la route est bloquée par des matériaux de terrassement et des engins de chantier. Le camion doit faire un détour par une route secondaire dépourvue d'asphalte. La vitesse s'en trouve considérablement réduite. Dans un virage, les phares éclairent une grosse masse d'apparence métallique. Kirsanov songe d'abord à un engin de chantier (la route principale n'est pas loin) mais est surpris par les dimensions de l'objet. A 30 m environ de cette masse imposante le moteur cale. Le camion continue de rouler quelques temps sur sa lancée, puis s'arrête. Les phares, alimentés par la génératrice de secours fonctionnent toujours. La masse insolite est maintenant cachée par des arbres. Les 2 hommes sont inquiets, ayant l'intuition d'avoir affaire à quelques chose de peu ordinaire. Kirsanov propose cependant à Nicolaï de rester dans la cabine pour observer ce qui se passe tandis que lui s'approchera de l'engin inconnu. Il descend de la cabine, et après quelques instants d'hésitation, se décide à avancer. Cependant, à peine s'est-il éloigné du camion qu'il éprouve des difficultés pour marcher. A chaque pas une résistance semble freiner sa progression. Il a l'impression de "fondre" et craint d'être complètement stoppé s'il continue d'avancer. Il fait demi-tour et tente d'approcher l'objet par un autre angle. Peine perdue : il éprouve là-aussi la même résistance. Il réussit malgré tout à s'approcher à 10 m environ ce qui lui permet, grâce à la lumière des phares, d'observer l'objet avec attention : il est discoïde, de dimensions importantes (plus de 25 m de diamètre) Ressemblant un peu à celui des Amarantes. Son pourtour est percé de nombreux trous sombres. Il repose sur des bouleaux dont 2 sont cassés. Il ne distingue pas de porte ni de fenêtre.
Kirsanov voit alors une ligne rouge scintillante apparaître devant lui, à 50 cm environ, faite de points et formant un carré aux coins arrondis de 15 cm de côté environ. Des mots, en lettres également rouges, s'inscrivent bientôt sur cette sorte d'écran transparent. Oleg ne se souvient pas avec précision de la phrase qui se forme alors mais il comprend qu'on lui demande du feu. Il se retourne vers Nicolaï qui est toujours assis dans la cabine du camion, mais l'écran rouge reste toujours devant lui, comme synchronisé aux mouvement de ses yeux. Il essaie de le toucher en tendant la main (Nicolaï lui demandera plus tard la signification de ce geste).
Ayant compris ce qu'on attend de lui, Oleg recule vers le camion avec peine car la résistance se fait sentir dans tous les sens. Dès qu'il a rejoint la cabine, il se saisit d'une boîte d'allumette et d'une bouteille de glycol (alcool qui sert d'antigel). Puis il demande encore à son compagnon de l'attendre dans la cabine et se dirige à nouveau vers l'étrange appareil. Cette fois, il peut marcher normalement, la résistance a disparu.
Arrivé à l'endroit qu'il a quitté quelques minutes auparavant, il rassemble quelques feuilles mortes, verse de l'alcool dessus et craque une allumette. Pendant que les feuilles brûlent, il observe à nouveau le gros objet qui lui fait face. Il distingue maintenant sur le flanc une ouverture qui semble communiquer avec l'intérieur par une sorte de couloir. Au fond de ce couloir luit une faible lumière bleue.
Oleg a alors l'impression qu'une ombre bouge dans ce passage. Puis il réalise que quelque chose s'avance vers la sortie. Il recule de quelques pas et tombe dans un fossé. Il se relève aussitôt et voit que la chose en question est une masse noire qu'il comparera à un sac de pommes de terre. Les bords de cette silhouette imprécise sont flous, elle se dandine et semble pourvue d'une tête sans face ni côtés.
Une tige sort à cet instant de l'engin, se courbe et descend jusqu'à la terre. La masse se laisse glisser sur la tige et se retrouve elle aussi sur le sol. Elle s'approche maintenant du feu, s'y attarde pendant quelques instants, puis retourne vers l'objet, emportant la boîte d'allumettes. Elle disparaît dans le couloir au moment où Oleg réussit à s'extraire du fossé.
Cette fois Oleg a eu peur au point d'en être paralysé. Il retourne sur la route et regarde en direction de son camion : malgré les phares qui l'éblouissent, il voit le visage paniqué de Nicolaï collé contre le pare-brise. Il reste de longues minutes bouleversé et pensif, convaincu qu'il vit un événement exceptionnel. Il décide d'attendre, pour le cas ou quelque chose d'autre se produirait. Bientôt lui vient le désir de voir de plus près cet objet qui, de toute évidence, n'est pas de ce monde. L'écran rouge, toujours stationnaire devant ses yeux, l'invite alors à monter à bord. Après un court moment d'hésitation Kirsanov décide d'y aller.
Arrivé près de l'objet, Kirsanov éprouve instinctivement le besoin de le toucher. Mais avant qu'il ait pu esquisser un geste, une barre d'apparence métallique sort de la paroi verticale. Elle est lisse et froide, son diamètre est d'environ 5 cm. A peine l'a-t-il touchée que Kirsanov se retrouve (2 m plus haut) à l'entrée du couloir sans comprendre comment il est arrivé là. Il est à nouveau angoissé, mais cela ne dure pas : un nouveau message en lettres rouges le rassure : il peut entrer et n'a rien à craindre.
Kirsanov s'enfonce de 6 à 8 m dans le couloir et débouche dans un hall voûté de grande dimension. 5 autres couloirs disposés en étoile aboutissent à cet endroit. Du plafond tombe la lumière bleue qu'il a aperçue lorsqu'il allumait le tas de feuilles. Entre les couloirs sont disposés des panneaux de lumières clignotantes. Sur sa droite, il remarque une sorte de tableau de commande comportant des plaques lumineuses carrées : on doit vraisemblablement pouvoir appuyer dessus. Certaines sont situées au-dessus du tableau de commande, d'autres sont noyées dans sa surface. Elles comportent toutes des signes géométriques primaires : cercles, triangles, carrés, rectangles, lignes, mais aussi des combinaisons de ces signes.
Kirsanov reste à l'entrée du hall sans oser bouger. Sur sa gauche, 2 masses sombres au contour mal défini se mettent doucement en mouvement dans sa direction. Elles ont le même aspect que celle qui est précédemment venue près du feu. Lorsqu'une question vient à l'esprit de Kirsanov une réponse s'inscrit sur l'écran qui demeure toujours devant ses yeux, mais il entend les réponses dans sa tête avant qu'elles ne s'y inscrivent. Lorsqu'il demande : Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? le plafond se transforme en planétarium. Un point brillant attire l'attention de Kirsanov par ses pulsations, mais il ne réussit pas à comprendre dans quelle partie du ciel il se situe. Il demande : Où se trouve cette étoile ? on lui répond : Dans votre galaxie. Lorsqu'il pose des questions sur l'engin dans lequel il est entré, il lui est répondu qu'il s'agit d'un vaisseau d'exploration qui se propulse grâce à des champs magnétiques.
A gauche, dans un renfoncement, des vues en 3 dimensions apparaissent sur un grand écran. Parmi ces images Kirsanov reconnaît un présentateur de la télévision soviétique.
Il est dit à Kirsanov que les occupants de l'engin étudient la Terre qui est par ailleurs utilisée comme tremplin vers le futur.
Il vient alors à l'esprit du témoin une question assez inattendue de la part d'un camionneur : il demande en effet aux entités s'ils ont un rapport avec le Bigfoot. Il lui est répondu : Oui, nous observons constamment ces créatures.
Mais une 3ème masse, puis une 4ème, sont apparues dans le hall. Il semble qu'une communication s'engage entre-elles. Kirsanov a l'impression que le moment est venu pour lui de prendre congé. Il ressent alors le besoin de laisser à ces êtres si profondément différents un souvenir. N'ayant rien dans ses poches à offrir, il ôte sa montre et se prépare à la poser sur le sol. Mais il s'entend alors dire : Nous savons tout sur votre monde et nous n'avons besoin de rien. Cette phrase est aussitôt suivie d'une question, la seule qui lui sera posée : Pourquoi utilisez-vous une montre fabriquée dans un autre pays ?
A son retour sur la route, l'attention du témoin est attirée par les phares de 2 voitures arrêtées près du camion. Devenu intensément lumineux, le gros objet s'élève lentement puis accélère soudainement en direction du nord-est.
Tremblant, incapable de parler à son compagnon de travail et aux occupants des voitures qui l'assaillent maintenant de questions, Kirsanov regarde la montre qu'il n'a pas encore remise à son poignet : son aventure a duré 20 mn Lecomte.