1686
- Vendredi 10 juillet, 1 h 30 : Cherchant avec une lunette de 1,5 pied la nouvelle étoile dans le cou de la Baleine, je fus frappé d'une grande lumière. Regardant alors à l'oeil nu, j'aperçus vers le midi une grande masse de feu plus claire, plus grande et plus blanche que Vénus, égale à peu près à la moitié de la Lune. Cette masse avait une queue en-dessous vers l'ouest ; elle restait immobile à sa place. Voyant qu'elle n'avançait pas du tout et ne s'éteignait pas, je commençai à compter lentement 1, 2, 3, ... ; elle devint peu à peu très-pâle, mais elle était pourtant encore très-visible, lorsque je comptai 200 ; sa faiblesse était déjà assez grande quand j'arrivai à 300 : enfin elle disparut tout à fait, après avoir été visible un demi-quart d'heure environ Kirch, Gotfried (de Leipzig): Ephémérides pour 1688, avec une figure < Histoire de l'Académie, 1700 < Buckhard < Flammarion, C.: Etudes et Lecture sur L'Astronomie, Tome 5, 1874, p. 144 Edmund Halley, qui a également observé cette bradyte en Angleterre, évaluera sa distance à 30 miles seulement, et estimera quant à lui son diamètre apparent égal à celui de la Lune Transaction philosophiques, t. 29 < Flammarion, C.: Etudes et Lecture sur L'Astronomie, Tome 5, 1874, p. 144.
- Fontenelle (1657-1757) publie ses Entretiens sur la pluralité des mondes. Par l'artifice d'une conversation avec une marquise, les idées
les plus avancées à l'époque sur l'astronomie et l'habitabilité
des planètes sont pour la première fois diffusées dans
la grand public cultivé. Après un bref exposé du système
de Copernic et des tourbillons de Descartes, Fontenelle montre que le Soleil n'est pas habitable, qu'il est douteux que la Lune le soit, mais qu'en revanche
chaque planète est, comme la Terre, un monde habité dont les
habitants ont des caractéristiques physiques, voire morales, qui dépendent
de leur millieu naturel, enfin que les étoiles sont autant de soleils
entourés de planètes, elles aussi habitables.