Cas n° 4 - Fragment de magnésium

Automne 1957

Enquêteur : Craig

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Resumé

Un petit morceau de métal de magnésium corrodé, largement proclamé comme un fragment d'un véhicule extraterrestre ayant explosé au-dessus d'une plage à Greenwich +3, fut analysé. L'analyse invalida les déclarations selon lesquelles le matériau était d'une pureté plus grande que la technologie métallurgique terrestre n'en était capable en 1957. Les proclamations de l'origine extraterrestre du magnésium sont exclusivement basées sur une information de on-dits qui ne fut jamais authentifiée.

Contexte

Les textes ufologiques font couramment référence à des morceaux de magnésium ultra-pur qui auraient à un moment fait partie d'un véhicule extraterrestre qui aurait explosé au-dessus d'une plage à Greenwich +3 en 1957. D'après les récits, la proclamation d'origine extraterrestre fut soutenue par le fait que le magnésium était d'une pureté supérieure à ce que la technologie humaine était alors capable de produire ; par conséquent, le matériau devait provenir d'une autre culture. Ces déclarations sont développées en grands détails dans The Great Flying Saucer Hoax de Coral E. Lorenzen (1962). M. et Melle. Lorenzen nous ont généreusement offert leurs échantillons de magnésium pour analyse.

L'histoire de l'origine des échantillons n'a pas été authentifiée. Une élement de journal, écrit par un éditorialiste de société, présenta une lettre que l'éditiorialiste aurait reçu, avec les fragments de métal, d'un "admirateur" qui ne put être identifié parce que sa signature était illisible. La lettre identifiait son rédacteur comme un pécheur qui avait vu un disque volant approcher de la plage à une vitesse incroyable, faire un virage serré et exploser. Le disque se serait désintégré en des milliers de fragments enflammés, dont certains tombèrent dans l'eau peu profonde, où ils furent récupérés par le pécheur, qui disait que certains de ces fragments accompagnaient la lettre.

Le pécheur n'a jamais été localisé ou identifié, et il n'a pas été établi que l'éditiorialiste avait effectivement reçu la lettre d'une tierce partie.

Un civil intéressé obtint la métal de l'éditiorialiste, et, d'après son récit, le porta au Laboratoire de Production Minérale du Ministère de l'Agriculture du pays, où une analyse le montra comme étant du magnésium d'une pureté plus grande que la technologie humaine pouvait produire.

Enquête

Il fut impossible de vérifier quelque relation entre les fragments de magnésium et une observation d'ovni. Cependant, le degré de pureté du magnésium pouvait être déterminé et puisque qu'un grand poids avait été donné à la déclaration que le métal était d'une pureté phénoménale, le projet décida de faire examiner l'échantillon Lorenzen.

Le magnésium purifié contient normalement quelques impuretés en quantité suffisante pour être détectées par une spectroscopie par émission. Une indication du degré de pureté atteignable par la technologie connue avant 1957 était contenue dans un rapport d'analyse (daté du 23 mai 1951) de magnésium qui avait été purifié par 8 sublimations successives. L'information analytique fournie par le docteur R. S. Busk, Directeur de Recherche au Département de Produits Métalliques de la société Dow Chemical, montra seulement de l'Al, Zn, Ca et Na présents en quantités détectables telles que listées ci-dessous, et données en parties par million de l'échantillon. Tous les autres éléments montrés dans le rapport n'étaient pas présents en quantités suffisantes pour être le symbole < indique simplement les limites de détectabilité pour chaque élément par la méthode analytique utilisée.

Tableau
PPM PPM
Al 2 Sn <10
Cu <10 Zn 2
Fe <4 Ba <1
Mn <2 Ca 8
Ni <4 K <5
Pb <5 Na 3
Si <10 Sr <5

Le docteur Busk nous informa que sa société avait fourni des échantillons de magnésium sublimé sur demande pendant au moins 25 ans, et nous envoya un échantillon de magnésium triplement-sublimé pour comparaison de pureté avec le specimen.

Puisque nous avions considéré que nous serions à la recherche de quantités extrêmement petites d'impureté dans les échantillons, nous avons choisi d'analyser les 2 échantillons par activation de neutrons, le méthode analytique la plus sensible actuellement disponible. Le travail fut effectué par le Groupe d'Evaluation de Recherche et de Méthodes de la Division des Taxes Alcool et Tabac du Service des Impôts, sous la direction de M. Maynard J. Pro. L'irradiation de neutrons et la spectrométrie gamma qui s'en est suivie fut observée par l'enquêteur du projet et les données analystiques originales sont conservées dans les archives du projet. Les résultats de l'analyse par activation de neutrons montrèrent les impuretés listées ci-dessous, données en parties d'impureté par million de parties de l'échantillon (PPM). Les éléments montrés comme N. D. (Non Détectable) n'étaient pas présent en quantité suffisante pour une détection. Les limites d'erreur dans tous les cas sont basées sur les estimations d'erreur analytique les plus extrêmes, et l'incertitude indiquée est probablement excessivement généreuse. Les chiffres pour les premiers 5 éléments montrés furent obtenus par spectrométrie gamma directe après activation de neutrons. Les valeurs de Cu, Ba et Sr furent obtenues par spectrométrie gamma après séparation radiochimique des éléments. Il est évident d'après ces résultats que le magnésium n'est pas proche de la pureté du produit de Dow.

Tableau
  Mg Dow Mg ovni
Mn 4.8 ± 0.5 35.0 ± 5.
Al N. D. (<5) N. D. (<10)
Zn 5. ± 1. 500. ± l00.
Hg 2.6 ± 0.5 N. D.
Cr 5.9 ± 1.2 32.0 ± 10.
Cu 0.4 ± 0.2 3.3 ± 1,0
Ba N. D. 160. ± 20.
Sr N. D. 500. ± 100.

Pour l'analyse de l'activation de neutrons, une petite portion de l'échantillon fut brisée, et lixivié en solution HCl pour ôter les impureté de surface. Après nettoyage, cette portion (qui avait alors une surface metallique brillante) fut analysée. L'absence de Cl dans le spectre gamma post-irradiation montra qu'il n'y avait pas de Cl présent dans l'échantillon lui-même et que le nettoyage de l'échantillon lixivié était complet.

La quantité d'isotope Mg27 produit par l'activation de neutrons de Mg26 fut également mesurée. Cette mesure montra que le ratio isotopique de magnésium dans l'échantillon ne différait pas de manière significative de celui d'autres échantillons naturels de magnésium.

Alors qu'il était démontré que l'échantillon n'était pas spécialement pur, la concentration relativement élevée de strontium était particulièrement intéressante, le Sr n'étant pas une impureté attendue dans le magnésium. Le docteur Busk ne connaissait personne qui ajoutait intentionnellement du Sr dans du Mg commercial. Un travail supplémentaire fut par conséquent entrepris pour déterminer si l'échantillon, bien que non pur, ne pourrait être néanmoins unique. Le travail analytique supplémentaire consista en une analyse microsonde et un examen métallographique, et fut réalisé par l'équipe du docteur Busk au Laboratoire Métallurgique Dow. Là aussi, le travail fut surveillé par l'enquêteur du projet/

Le rapport du travail du docteur D. R. Beaman indique :

L'analyse microsonde électrons du Mg-ovni a révélé que du Sr et du Zn étaient présents en concentrations extrêmement faibles et n'étaient pas présents dans des régions localisés de hautes concentrations détectables. Cela n'exclut pas la possibilité d'une fine dispersion des précipités. L'examen métallographique de la matrice claire (nombres négatifs 64486-64499) par H. Diehl couplé aux résultats de la sonde et aux solubilités connues du Sr et du Zn dans le Mg suggèrent que ces éléments sont présents en solution solide.

L'examen métallographique montra de grands grains de magnésium allongés, indiquant que le métal n'avait pas été travaillé après solidification de l'état liquide ou gazeux. La structure en grains n'était donc pas cohérente avec la supposition que l'échantillon avait fait partie d'un objet de métal fabriqué. La rapide extinction d'un fragment fondu ne fut pas indiquée.

Le strontium ayant apparemment été ajouté intentionnellement lors de la fabrication du matériel d'où provenait les échantillons, les archives du Laboratoire Métallurgique Dow furent consultées pour voir si un tel matériau avait été produit dans le passé par ce laboratoire particulier. Les archives révélèrent que, au cours des années, furent produit des lots expérimentaux d'alliage de magnésium contenant de 0,1 % de Sr à 40 % de Sr. Dès le 25 mars 1940, le laboratoire produisit un lot de 700 gm. de magnésium contenant nominalement la même concentration de Sr que celle contenue dans l'échantillon.

Conclusion

Seuls quelques grammes du magnésium étant connus exister, et ceux-ci ayant pu facilement être produits avant 1957 par une technologie terrestre courante, la composition et les caractéristiques métallographiques des ces échantillons ne révèlent aucune information sur leur origine. La seule existence de ces échantillons ne peut servir de soutien à un argument qu'ils s'agisse de fragments d'un matériel d'origine extraterrestre.

Aucune des autres informations sur ce cas n'étant autre chose que des on-dits, il n'est pas possible d'établir quelque relation entre les petits morceaux de magnésium et un "disque volant".

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